L'emploi plutôt que les taxes

LE CERCLE/TRIBUNE - Le gouvernement envisage de taxer davantage les contrats courts. Daniel Augereau, PDG de Synergie, redoute que le durcissement des embauches ralentisse la décrue du chômage.

L'année dernière, notre économie a créé deux fois moins de postes qu'en 2017. Pour ramener à 7 % le taux de chômage en 2022, il faudrait réduire de 600.000 le nombre des demandeurs d'emploi. Avec une croissance prévue à 1,3 % en 2019, le défi s'annonce difficile. Il va falloir faciliter les embauches, sous toutes ses formes, et ne pas se tromper de combat. L'adversaire, ce n'est pas le contrat court, c'est, pour trop de Français, le chômage.

Les entreprises agissent dans un marché tendu, fluctuant, comme dans la restauration ou l'événementiel. Oui, il peut y avoir des abus dans les embauches, mais l'immense majorité des entrepreneurs recrute honnêtement les talents dont elle a besoin, à des moments précis. Attention de ne pas casser la flexibilité qui est l'un des instruments de la lutte contre le chômage, notamment celui des jeunes peu qualifiés et des seniors. Pour ces publics, moins de contrats courts ne se traduira par plus de contrats longs. Plus on taxe le travail plus on augmente le nombre de chômeurs... et le travail au noir.

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Chômage : les règles vont changer pour les travailleurs frontaliers

A partir de 2021, les chômeurs français qui travaillent dans un pays frontalier seront indemnisés par le pays dans lequel ils ont cotisé et non plus par la France.

Les règles de la couverture chômage des 1,3 million de travailleurs frontaliers de l’Union européenne vont changer. Mardi 19 mars, les instances européennes (la Commission, le Conseil et le Parlement) sont parvenues à un accord modifiant le système actuel de prise en charge, a révélé Les Echos.

Aujourd’hui, lorsqu’un travailleur frontalier se retrouve au chômage, il n’est pas indemnisé par le pays qui l’emploie mais par le pays de résidence. Un Français qui travaille en Belgique, en Allemagne, en Suisse ou au Luxembourg tout en vivant en France est ainsi pris en charge par l’Unédic en cas de chômage. Ses droits sont identiques à celui qui a exercé son activité en France. L’Etat de l’emploi ne doit rembourser qu’une partie des allocations versées.

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Frontaliers au chômage : l'Europe change la règle du jeu

A partir de 2021, les frontaliers sans emploi seront pris en charge par le pays où ils ont travaillé et non plus par celui où ils résident. La France a largement soutenu cette réforme, qui fera économiser à terme des centaines de millions à l'assurance-chômage.

L'Unédic peut remercier Bruxelles. Mardi soir, les institutions européennes sont parvenues en « trilogue » à un accord final sur une réforme des règles du chômage des travailleurs frontaliers qui devrait, à terme, faire économiser des centaines de millions par an à l'assurance-chômage française, en déficit chronique.

Aujourd'hui, quand une personne habitant à Strasbourg et travaillant outre-Rhin est licenciée, elle est couverte et prise en charge par l'Unédic, aux mêmes conditions que si elle avait travaillé en France, bien qu'elle ait cotisé et été imposée en Allemagne. L'Allemagne doit verser une compensation, mais celle-ci est loin de couvrir le coût final pour l'Unédic.

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Chômage de longue durée : le calvaire des seniors

En dépit d'un taux d'activité record, les personnes âgées sont en proportion bien plus souvent en situation de chômage de longue durée que le reste de la population (60,2% contre 41,8%).

Les difficultés des seniors sur le marché du travail restent bien ancrées. Selon la dernière étude du ministère du Travail publiée ce lundi 18 mars, la proportion de chômeurs de longue durée reste nettement supérieure chez les plus âgés par rapport au reste de la population active. Ainsi, 60,2% des plus de 55 ans étaient au chômage depuis plus d'un an en 2018 contre 41,8% pour l'ensemble des chômeurs de 15 à 64 ans.

Cet écart persistant révèle les difficultés des personnes plus âgées à retrouver un emploi alors que le taux de chômage en France demeure à des niveaux élevés. Les dernières prévisions de la Banque de France publiées en fin de semaine dernière signalent que la baisse du chômage devrait se poursuivre dans les années à venir, mais à un rythme relativement lent. L'institution bancaire prévoit en effet que le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) devrait atteindre 8,7% en 2019 contre 8,3% en 2020, et 8% en 2021 après 9,1% en 2018 sur la France entière. Avec le ralentissement de la croissance tricolore, l'objectif d'Emmanuel Macron de ramener le chômage en dessous de la barre des 7% avant la fin de son quinquennat s'éloigne un peu plus.

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Zone Interdite s'attaque au chômage longue durée

Le magazine de M6 diffuse un reportage dimanche 17 mars, à 21 heures, sur l'association "Territoires Zéro chômeur longue durée". Marie-Monique Robin a suivi pendant trois ans ce dispositif dans les Deux-Sèvres.

Le chômage sans fin ne devrait pas être une fatalité, car il est possible d’en finir avec ce fléau. L’association "Territoires Zéro chômeur longue durée", que préside Laurent Grandguillaume, en est convaincue. C’est d’ailleurs grâce à cet ex-député socialiste qu’une loi a été votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et au Sénat, en 2016, pour déployer ce programme de retour à l’emploi pour ceux qui en sont le plus éloignés. Et ils sont près de 2,6 millions à chercher depuis plus d'un an alors que l'ancienneté moyenne des inscrits à Pôle emploi atteint désormais 600 jours !

Désormais étendu à une cinquantaine de territoires, le dispositif "Territoires Zéro chômeur" est intégré au plan Pauvreté du gouvernement. C’est justement dans l’une des antennes de l’association, à Mauléon, dans les Deux-Sèvres, que Marie-Monique Robin a décidé d’installer ses caméras pendant trois ans. La documentariste, prix Albert Londres en 1995 avec le reportage Voleurs d’yeux, montre à quel point l’accès au travail marque aussi un retour à la vie pour des personnes en grande précarité. Cette chronique sociale pleine d’humanité relate par petites touches - un sourire, un regard, une attitude- cette renaissance d’hommes et de femmes en marge qui retrouvent toute leur place dans la société.

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Le chômage baisse un peu, les profits des patrons augmentent beaucoup

8,8 % C’est le pourcentage du taux de chômage annoncé par le gouvernement sur tous les plateaux de télé depuis quelques jours. L’ensemble des députés LREM ainsi que les membres du gouvernement, Penicaud en tête, se félicitent de la “baisse historique” du taux de chômage. D’autres résultats viennent ternir les dires du gouvernement et montrent une autre réalité du chômage.

Pôle emploi a également publié ses chiffres sur le chômages et laisse entrevoir une autre réalité beaucoup moins glorieuse pour le gouvernement. En effet Pôle emploi parle en réalité d’une baisse de seulement 0,8% sur le trimestre. Cette baisse sur ce trimestre s’explique principalement par le fait que le dernier trimestre de fin d’année propose tous les ans des chiffres du chômage plus bas dû à la création de postes saisonniers sur cette saison. Pôle emploi annonce en réalité une baisse de seulement 0,3% du chômage par rapport à l’année dernière.

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