Chômage: les divergences de mesure se sont accrues depuis 2013 (Insee)

L'écart entre les deux mesures de référence du chômage, les demandeurs d'emploi catégorie A de Pôle emploi d'un côté, et les chômeurs au sens du BIT de l'autre, s'est accentué de 0,3 à 0,8 million entre 2013 et 2017, selon une étude publiée mardi par l'Insee.

En moyenne en 2017, en métropole, 2,6 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans étaient au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) alors que 3,4 millions étaient inscrites à Pôle emploi en catégorie A.

Un chômeur BIT est une personne sans emploi lors d'une semaine de référence, ayant cherché un emploi lors du mois précédent et disponible pour en prendre un dans les 15 jours. L'enquête Emploi de l'Insee, réalisée auprès des ménages, permet d'estimer le nombre de personnes répondant à cette définition internationale.

L'inscription à Pôle emploi résulte elle d'une démarche administrative. Sont recensés en catégorie A les demandeurs d'emploi qui n'ont pas travaillé au cours d'un mois donné.

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Contre le chômage, il fallait essayer encore

Sur le terrain de l’emploi en France, ça va mieux. Mais moins bien que dans la plupart des pays développés. Il faut encore essayer.

« Contre le chômage, on a tout essayé », disait François Mitterrand en 1993, quand le taux de sans-emploi était à plus de 10 %. Fort heureusement, ses successeurs réessayèrent néanmoins. Avec des succès divers. Le taux de chômage vient de baisser une nouvelle fois en France, pour s’établir à 8,7 %.

Selon l’INSEE, il pourrait être de 8,3 % en fin d’année. Si cette tendance devait se confirmer, les 7% de chômeurs espérés par le président de la République pour la fin de son mandat pourraient être atteints, contre tous les pronostics des observateurs établis jusqu’ici.

La politique de l’offre regonfle la compétitivité des entreprises. La réforme du marché du travail tend à faciliter la création de postes et le recrutement. Les entreprises ayant retrouvé des capacités à investir et le pouvoir d’achat ayant augmenté, la croissance ne se tient pas trop mal au premier semestre. L’INSEE prévoit en conséquence 240 000 emplois de plus en 2019. La politique de l’offre et la réforme du marché du travail doivent tout à François Hollande et à Emmanuel Macron. L’augmentation du pouvoir d’achat est en partie due aux décisions prises d’emblée par ce dernier, et en partie aux mesures sociales qu’il annonça fin 2018 pour répondre aux Gilets jaunes.

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Droit au chômage : les Français mieux ou moins bien lotis que leurs voisins ?

Le gouvernement durcit les règles d'indemnisation en revoyant notamment les conditions d'ouverture des droits. Mais ailleurs, ça se passe comment ?

C'est l'une des mesures chocs annoncées par le gouvernement, dans le cadre de la réforme de l'assurance-chômage : les modalités pour percevoir une allocation chômage vont se durcir. Aujourd'hui, il faut avoir travaillé au moins 4 mois au cours des 28 derniers mois pour être indemnisé (sauf pour les plus de 53 ans). A compter du 1er novembre, la période de référence prise en compte va diminuer et celle de travail augmenter. Il faudra justifier de 6 mois d'activité sur les 24 derniers mois pour ouvrir des droits, ce qui, ont alerté les syndicats, risque d'exclure les plus précaires, qui cumulent des contrats courts.

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Y a-t-il vraiment 37 millions d'offres d'emploi chaque année, comme l'affirme Muriel Pénicaud ?

Pôle Emploi et ses partenaires diffusent annuellement un peu plus de 7 millions d'offres ces dernières années. La ministre a confondu avec le nombre de nouveaux contrats.

Question posée par Léo le 19/06/2019

Bonjour,

Invitée sur BFM TV-RMC ce mercredi matin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, est venue défendre la réforme de l’assurance chômage, présentée la veille par le gouvernement et vivement critiquée par l’ensemble des organisations syndicales.

Interrogée sur le nombre de chômeurs qui ne seront plus indemnisés après la réforme, en raison du resserrement des critères ouvrant droit à une allocation, la ministre a confirmé le chiffre de la CGT, à savoir 250 000 personnes. Mais Muriel Pénicaud a aussitôt embrayé en expliquant qu’il y avait plusieurs millions d’offres d’emploi en France chaque année, sous-entendant que ces derniers pourront toujours saisir une de ces opportunités : «Aujourd’hui, sur le site de Pôle Emploi, il y a 688 000 offres d’emploi. Il y a deux jours, il y en avait 672 000. Il y a 37 millions d’offres d’emploi par an.» Avant d’ajouter, un ton en dessous : «Pour beaucoup, c’est des contrats courts.»

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Réforme : ce qui va changer pour l’assurance chômage en trois cas pratiques

Vent debout contre la refonte de l’assurance chômage présentée en début de semaine par le gouvernement, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, dénonce une politique qui «ne se fait pas à hauteur d’hommes et de femmes». Pour mieux comprendre les effets de ces mesures, Libération a imaginé trois situations inspirées du réel de salariés et de chômeurs.

♦ Fabienne, qui alterne chômage et contrats courts, pourrait perdre 200 euros

Fabienne, 45 ans, peu qualifiée, enchaîne les CDD depuis vingt ans dans l’industrie et l’agroalimentaire. Elle alterne sans cesse des périodes d’emploi et de chômage. Les offres d’emploi se font rares dans sa région. Ce qui l’amène à se déplacer toujours plus loin pour travailler, malgré les coûts de transport. Aujourd’hui, en cumulant ses salaires et son indemnisation chômage, elle perçoit moins de 1 000 euros par mois. Mais à partir du 1er avril, les règles de calcul de Pôle Emploi changent : désormais, son indemnité sera calculée non plus sur la base des seuls jours travaillés, mais en faisant une moyenne des revenus sur le mois. Selon la CFDT, qui s’est penchée sur sa situation, son allocation pourrait alors baisser de 150 à 200 euros. Une estimation «à la louche», reconnaît le syndicat, qui explique manquer encore d’éléments pour quantifier l’effet de la réforme.

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Chasse aux chômeurs

Les mesures présentées mardi par le gouvernement Philippe pour améliorer le marché de l’emploi consistent surtout à durcir nettement les conditions d’accès à l’indemnisation.

Sus au chômage, ou sus aux chômeurs ? Le paquet de mesures présentées mardi par le gouvernement Philippe pour améliorer le marché de l’emploi débouche naturellement sur cette question. La macronie en attend une diminution du nombre de demandeurs d’emploi. Mais ces chômeurs cesseront-ils de l’être parce qu’ils auront trouvé du travail ? Ou bien, plus trivialement, parce qu’ils ne pourront plus s’inscrire à Pôle Emploi, sans pour autant travailler ? Explication.

Deux mesures vont dans le bon sens : le bonus-malus destiné à limiter l’emploi précaire (mais son champ d’application a été restreint) et des droits à la formation et à l’accompagnement mieux assurés. Pour le reste, comme souvent depuis quelques décennies, «la réforme» qu’on présente comme une «modernisation» est surtout un sacrifice demandé aux salariés privés d’emploi, c’est-à-dire une régression.

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