Assurance chômage : ce qui vous attend si vous perdez votre travail cet hiver

Les trois projets de décret fixant les nouvelles règles d'indemnisation du chômage ont été dévoilés. Revue de détails des principaux changements.

On connaît désormais dans le détail le futur régime d'assurance chômage. Les partenaires sociaux ont reçu en fin de semaine dernière les trois projets de décret qui en fixent les règles de fonctionnement. Réunis ce mardi, ils diront sans doute tout le mal qu'ils en pensent, du côté patronal comme du côté syndical. Mais leur avis aura peu de poids, le gouvernement ayant d'ores et déjà annoncé son intention d'aller au bout de la réforme.

La nouvelle convention entrera progressivement en application et concernera les salariés (ou les indépendants) qui perdront leur travail à partir du 1er novembre. Les autres continueront à bénéficier des règles précédentes.

1. Une durée d'affiliation durcie

Pour bénéficier d'une allocation-chômage, il faudra désormais avoir travaillé 130 jours (ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les plus de 53 ans). Il fallait jusqu'alors comptabiliser 88 jours d'activité (ou 610 heures) au cours des 28 derniers mois.

Entrée en vigueur : 1er novembre 2019

Lire la suite : Assurance chômage : ce qui vous attend si vous perdez votre travail cet hiver

Assurance chômage : des vies en jeu

Veut-on se diriger vers le modèle allemand, avec un très fort taux de chômeurs en risque de pauvreté ?

Un document de l’Unedic a révélé récemment qu’1,2 million de demandeurs d’emploi indemnisés ayant travaillé de manière discontinue verront leur allocation diminuer à la suite de la prochaine réforme de l’assurance-chômage. Deux mesures conjointes entraîneront cet effet désastreux pour nombre de personnes. La première est l’augmentation de la durée d’affiliation ouvrant des droits à l’assurance chômage. Au lieu des 4 mois auparavant nécessaires afin d’en bénéficier, il faudra désormais travailler au moins 6 mois sur les 24 derniers mois. La prochaine réforme vise également à modifier le seuil minimum de rechargement des droits, qui passera de 1 à 6 mois.

Pour justifier cette réforme, la comparaison avec l’Allemagne est mise en avant, alors que les réformes Hartz, mises en place dans ce pays entre 2003 et 2005, ont entraîné une aggravation de la pauvreté chez les chômeurs et les travailleurs précaires. Près de 8 millions de personnes y exercent un mini-job, ces emplois à temps partiel à moins de 450 euros par mois sans cotisations sociales. Les réformes ont accru le nombre de personnes devant cumuler deux emplois pour survivre et le nombre de temps partiels. Encore une fois, ce sont les femmes qui en pâtissent le plus. L’Allemagne est le pays d’Europe qui connaît le plus fort taux de chômeurs en risque de pauvreté. Même si la France connaît un taux inférieur, avec plus d’un tiers des chômeurs en situation de pauvreté, leur situation est plus que préoccupante. Veut-on se diriger vers ce « modèle allemand » ? Est-ce cela, le progrès ?

Lire la suite : Assurance chômage : des vies en jeu

Réforme du chômage : les Français sont pour !

Alors que le gouvernement a récemment fait connaître les pourtours de son projet de réforme de l'assurance-chômage, un sondage de l'institut Elabe démontre que les Français sont majoritairement pour.

De nouvelles règles pour l'assurance-chômage

La nouvelle mouture du fonctionnement de l'assurance-chômage a été présentée mi-juin, et si elle ne fait pas que des heureux, elle a le mérite d'emporter l'adhésion d'une majorité de Français. D'une très large majorité de Français même, ne serait-ce que sur deux points essentiels : la dégressivité des allocations pour les hauts revenus et l'instauration d'un système de bonus-malus pour les entreprises qui auraient recours trop fréquemment aux contrats courts du type CDD. Sur ces deux aspects, l'institut Elabe démontre dans sa dernière enquête d'opinion que non moins de 73 % des Français se déclarent pour. Dans le détail, 49 % sont assez favorables à l'instauration du bonus-malus et 24 % très favorables, seulement 6 % y étant très opposés. Pour ce qui est de la dégressivité des allocations à destination des hauts revenus -- soit ceux qui perçoivent plus de 4 500 euros brut par mois --, là encore une majorité de Français se prononce pour à 74 %. À ces deux nouvelles règles viennent s'en ajouter d'autres avec en particulier l'épineuse question du nombre minimum de jours travaillés requis pour percevoir des allocations. Le gouvernement entend durcir le ton sur la question. Jusqu'à présent il fallait avoir travaillé l'équivalent de quatre mois au cours des vingt-huit mois précédents la fin du contrat et trente-six mois au-delà de cinquante-trois ans. La réforme prévoit qu'il faudra avoir cotisé au moins six mois sur vingt-quatre. Soit l'équivalent d'un jour sur quatre contre un jour sur sept. Seule la durée d'indemnisation ne serait pas modifiée, un jour travaillé ouvrant droit à un jour d'indemnisation.

Lire la suite : Réforme du chômage : les Français sont pour !

Les 5 mutations majeures de l'emploi depuis 30 ans

La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, les 5 mutations majeures de l'emploi depuis 30 ans



Lire la suite : Les 5 mutations majeures de l'emploi depuis 30 ans

Emploi et chômage : les écarts de mesure s'amplifient

L'écart entre les deux mesures de référence du chômage, les demandeurs d'emploi catégorie A de Pôle emploi d'un côté, et les chômeurs au sens du BIT de l'autre, s'est accentué de 0,3 à 0,8 million entre 2013 et 2017, selon une récente étude de l'Insee.

Les chiffres du chômage font régulièrement l'objet de polémiques. Pour tenter d'apaiser les débats, le service de statistiques du ministère du Travail et Pôle Emploi avaient annoncé en 2017 qu'ils allaient désormais communiquer officiellement les chiffres sur le nombre de chômeurs inscrits à un rythme trimestriel et non plus mensuel. La volatilité des chiffres mensuels et la multiplication des "bugs" ont amené les autorités à revoir le rythme de publication, préférant mettre en avant des tendances.

En dépit de ce changement, les divergences dans les mesures du chômage persistent, comme l'illustre une étude de l'Insee publiée mardi 2 juillet. Rien qu'en 2017, la France comptait 2,6 millions de personnes de 15 à 64 ans au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) contre 3,4 millions inscrites à Pôle emploi en catégorie A. L'écart entre ces deux mesures, de 0,8 million en 2017, n'était que de 0,3 million en 2013 explique une récente étude de l'Insee.

Lire la suite : Emploi et chômage : les écarts de mesure s'amplifient

CDD : des chiffres explosifs

Source de précarité, les contrats courts ont explosé depuis 20 ans, confirme l'Insee dans une étude parue ce 2 juillet. Une lame de fond qui sera difficile à endiguer.

Alors que le gouvernement vient de décider l'instauration, en janvier 2021, d'un malus - modeste - sur les cotisations d'assurance chômage des entreprises boulimiques en contrats courts, l'Insee livre ce 2 juillet l'édition 2019 de son ouvrage "Emploi, chômage et revenus du travail" dans sa collection Références. On y trouve un chapitre particulièrement éloquent sur la précarisation des emplois salariés, grâce à une rigoureuse et édifiante remise en perspective.

Des chiffres vertigineux

Les chiffres donnent en effet le vertige. En vingt ans, le taux d'embauche (ou "d'entrée") en CDD dans les entreprises d'au moins 10 salariés en France, a progressé de 60 points, passant de 30% à 90%. Le taux de départ (dit "de sortie") de CDD suit une courbe quasi identique.

Lire la suite : CDD : des chiffres explosifs