Réforme de l'assurance chômage : ce que prévoit Macron

Emmanuel Macron compte réformer l'assurance chômage afin de mieux indemniser les salariés démissionnaires et les indépendants. Des négociations sont sur le point de débuter pour établir des modalités d'action.

Depuis son accession à l'Elysée, Emmanuel Macron n'a pas caché sa volonté de transformer en profondeur le modèle social français. Une première pierre a été posée le 22 septembre 2017 avec la signature des ordonnances visant à réformer le Code du travail. Mais le gouvernement ne compte pas s'arrêter là. Il s'apprête désormais à réformer la formation professionnelle, l'apprentissage et l'assurance chômage.

Cette réforme de l'assurance chômage a deux objectifs : s'adapter à la réalité du marché du travail en protégeant mieux certaines catégories de la population dont les indépendants et les salariés démissionnaires. D'autres part, la réforme souhaite également limiter les pertes de l'Unedic. D'après les prévisions, le régime devrait atteindre le cap de 37,5 milliards d'euros de dette cumulée d'ici 2018. Pour le moment, aucune action concrète n'a été définie. Tout va se jouer durant les négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Elles commenceront le jeudi 12 octobre 2017. Précisons qu'en France, l'Assurance chômage est gérée de manière paritaire par les syndicats de salariés et le patronat.

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Indemniser les démissionnaires va coûter très cher à l'Unédic

Emmanuel Macron avait promis que les salariés ayant déjà démissionné et s'inscrivant à Pôle emploi auraient droit à indemnisation. Idem pour ceux poussés à démissionner par l'existence même de cette mesure. Si elle est appliquée, cela pourrait coûter jusqu'à 14 milliards d'euros la première année.

L'extension de l'assurance-chômage à tous les démissionnaires pourrait coûter "plusieurs milliards par an", et même jusqu'à 14 milliards d'euros la première année, affirme le quotidien Les Échos dans son édition de mardi, en se fondant sur des évaluations du ministère du Travail.

Si la mesure, l'une des promesses phares du candidat Emmanuel Macron, était appliquée, les salariés ayant déjà démissionné et s'inscrivant à Pôle emploi auraient droit à indemnisation, contrairement à la situation actuelle. Mais surtout, il faudrait y ajouter les salariés qui seraient poussés à démissionner par l'existence même de cette mesure. Selon le quotidien économique citant "les estimations du ministère du Travail", l'addition pourrait s'avérer particulièrement salée: "à paramètres d'indemnisation inchangés, il en coûterait entre 8 et 14 milliards rien que la première année, de 3 à 5 milliards les suivantes".

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La formation professionnelle, une priorité pour lutter contre le chômage structurel



Le plan prévoit une enveloppe de 11 milliards pour la formation des jeunes décrocheurs et des chômeurs de longue durée. Le gouvernement ne veut pas répéter les erreurs du quinquennat précédent.

François Hollande a fini son quinquennat avec le fameux plan « 500.000 » formations supplémentaires dont l'efficacité apparaît de plus en plus douteuse . Emmanuel Macron démarre le sien avec son plan « 2 millions », sur lequel il joue une partie de sa crédibilité pour faire baisser le chômage. Promesse de campagne, la formation professionnelle va figurer en haut de l'affiche du plan d'investissement dévoilé ce lundi avec 11 milliards d'euros ciblés sur 1 million de jeunes décrocheurs et 1 million de chômeurs de longue durée.

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Assurance-chômage: la méthode du gouvernement contestée

L'assurance-chômage et sa réforme ne seront pas discutées en réunions bilatérales comme ce fut le cas pour les ordonnances. Les partenaires sociaux l'ont en tout cas expressément demandé au gouvernement: ils veulent une négociation multilatérale.

Ils se sont fait avoir une fois mais pas deux. Alors que le gouvernement veut rapidement embrayer sur une réforme de l'assurance chômage, les partenaires sociaux se sont donnés le mot pour exiger une négociation multilatérale en bonne et due forme.

Question de méthode pour les partenaires sociaux

Dans un communiqué publié vendredi, les partenaires sociaux ont plaidé en faveur d'un jeu multilatéral et "un débat collectif et approfondi sur les questions posées". L'allusion à la méthode retenue par le gouvernement pour les ordonnances est claire.

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La ministre du Travail a enfin pu commenter les mauvais chiffres du chômage

Muriel Pénicaud avait promis d'analyser tous les trimestres la situation de l'emploi en France. Premier essai ce mardi.

EMPLOI - Dès son arrivée au ministère du Travail, Muriel Pénicaud avait décrété que, contrairement à ses prédécesseurs, elle ne commenterait plus les chiffres mensuels du chômage, les données délivrées par Pôle Emploi étant jugées peu significatives à court-terme. En contrepartie, la ministre s'était engagée à livrer chaque trimestre "un commentaire très approfondi de plusieurs chiffres concernant le chômage, la création d'emplois, le marché du travail".

C'est à cet exercice de pédagogie et de communication que Muriel Pénicaud s'est essayé pour la première fois ce mardi 5 septembre. Alors que la polémique sur la suppression des emplois aidés bat son plein, l'événement a été baptisé "Les rendez-vous de Grenelle". Après une introduction de la ministre, plusieurs personnalités, le directeur général de l'Insee Jean-Luc Tavernier, Xavier Timbeau, directeur de la conjoncture de l'OFCE, et Philippe Gudin de Vallerin, chef économiste Europe chez Barclays, ont "débattu sur la situation et les perspectives de l'emploi".

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Le «tout formation» serait inefficace contre le chômage

France Stratégie, un organisme de réflexion placé auprès du premier ministre, a publié ce jeudi un rapport dans lequel il apparaît que les plans massifs de formation ont eu peu de prise sur le chômage. Il préconise de changer radicalement d'approche.

Les plans massifs de formation et l'élévation du niveau de diplôme «ont eu peu de prise sur le taux de chômage», constate France Stratégie dans un rapport publié jeudi, qui préconise d'abandonner le «tout formation». Le document rappelle que «les politiques en faveur de la formation professionnelle se sont multipliées» au cours des dernières décennies. Il cite à l'appui «les plans de formation des demandeurs d'emploi (plans 30.000, 100.000, 500.000), les préparations opérationnelles à l'emploi collectives ou individuelles (POE) ou encore les emplois d'avenir (EAV) pour les jeunes, qui intègrent une dimension de formation obligatoire».

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