Chômage: Pôle emploi publie les derniers chiffres d'une année 2017 sans tendance

Le gouvernement dévoile mercredi le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi à fin décembre, dernière publication d'une année 2017 où les hausses ont succédé aux baisses, sans qu'aucune tendance ne se dessine clairement.

Après 2016, année de l'inversion de la courbe du chômage, 2017 n'aura pas été l'année de la confirmation.

Si l'indicateur de Pôle emploi a atteint, fin novembre, son plus bas niveau depuis fin 2014, il n'a connu qu'une baisse minime (-13.000, -0,4%) depuis début 2017. Au 30 novembre, l'opérateur recensait 3,45 millions de chômeurs (catégorie A) en métropole, 3,71 millions en incluant l'outre-mer.

La petite baisse n'a, en outre, pas profité à toutes les classes d'âge. Les jeunes ont vu leur situation s'améliorer (-4,8% de janvier à novembre), mais pas les seniors (+1,7%).

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La reprise, c’est oui, la baisse du chômage, c’est non

Malgré la croissance, le marché du travail s’enlise dans un chômage élevé. À court et à moyen terme, la baisse des emplois aidés, les difficultés à recruter de certains secteurs et les licenciements de salariés à l’approche de la retraite empêchent d’inverser la courbe.

« Une croissance à 2 %, 250 000 emplois créés dans le secteur marchand », annonce tout sourire le ministre de l’Économie Bruno Le Maire en regardant les bilans de 2017 et les perspectives encore plus optimistes pour 2018. Les sourires se crispent et les « éléments de langage » surgissent quand on pose la question fatidique à tous les membres du gouvernement : « C’est pour quand la baisse du chômage ? » On ne jure de rien.

Promesse du temps de Hollande, cet objectif reste à l’état de pari très prudent et très lointain dans l’équipe Macron. « Le chômage a augmenté de manière inattendue au troisième trimestre 2017. Nous prévoyons une baisse du chômage à l’horizon de la mi 2018, à 9,4 %, soit 0,1 point de moins qu’un an plus tôt », explique Julien Pouget, chef du département conjonctures à l’Insee.

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Allocation chômage : qui a droit à quoi ?

Syndicats et patronat ont commencé le 11 janvier les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage.

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la réforme de l’assurance-chômage est sur la table des négociations. Syndicats de salariés et du patronat se sont rencontrés, jeudi 11 janvier, pour discuter des objectifs donnés par le gouvernement : ouvrir les droits aux indépendants ainsi qu’à davantage de démissionnaires et agir contre la précarité.

Le système actuel a bénéficié à 3,6 millions de personnes, selon les chiffres de l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage, au 31 décembre 2016. Mais comment fonctionne-t-il ? Eclaircissements avec quelques cas pratiques.

Quelles conditions pour bénéficier de l’allocation chômage ?

Comme 37 % des allocataires, Virginie s’est inscrite à Pôle emploi au terme d’un CDD non renouvelé. Elle a enchaîné deux contrats d’une durée de trois mois et a cumulé plus de 88 jours travaillés. Grâce à l’assurance-chômage, elle aura le droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).

Car l’assurance-chômage est ouverte aux personnes qui ont perdu leur emploi de façon non volontaire, à la suite d’un licenciement, à la fin d’un CDD, d’une mission d’intérim ou d’une rupture conventionnelle. Elle est assortie de plusieurs conditions :

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Indemnités chômage : comment font nos voisins

Économie. C’est en France que les chômeurs sont le mieux et le plus longtemps indemnisés (jusqu’à 245 euros par jour et jusqu’à 36 mois). Où en est l’Europe ?

Allemagne. Le demandeur d’emploi très encadré
Taux de chômage : 3,6 %. Durée d’indemnisation : entre 6 et 24 mois. Montant maximal mensuel d’indemnisation : entre 2 412 et 2 620 euros suivant les Länder.

Première étape obligatoire pour un chômeur allemand, la signature d’un contrat d’insertion qui définit ses obligations : chercher du travail, accepter une offre d’emploi raisonnable et être suivi par un conseiller. Tout manquement est sévèrement sanctionné : jusqu’à 12 semaines d’allocations supprimées et la fin des allocations s’il y a récidive. Le demandeur d’emploi doit être joignable à tout moment en semaine ; il ne peut partir en vacances qu’après l’autorisation de son conseiller et doit présenter un certificat médical en cas d’absence.

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Faux chômeurs, faux problème

Il ne faudrait pas que la négociation qui s'ouvre sur l'assurance chômage se fourvoie sur la question d'un meilleur contrôle des demandeurs d'emploi. Ce serait un piège. Les profiteurs du « système » ne sont pas ces chômeurs de longue durée que l'on présume confortablement installés dans le filet de sécurité de Pôle emploi. Bien sûr, ce n'est pas trop exiger de ceux qui perçoivent une indemnité pour avoir perdu leur emploi qu'ils en cherchent activement un autre. C'est même une double exigence. A l'égard de ceux qui cotisent, employeurs et salariés, en droit d'attendre que cette fraction du salaire ne soit pas gaspillée sous forme de rente. A l'égard, aussi, des demandeurs d'emploi eux-mêmes car notre longue expérience de champions du chômage nous a au moins appris que plus tard un nouvel inscrit se met à chercher du travail, plus il s'éloigne durablement du marché de l'emploi. L'efficacité comme la justice commandent donc de s'assurer que les chômeurs cherchent vite et bien un emploi. Nul besoin, au demeurant, pour y parvenir, de faire de nouveaux moulinets politiques : il suffit d'appliquer une loi de 2008, laquelle permet de sanctionner le refus de deux offres raisonnables d'emploi.

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4 problèmes que pose le contrôle des chômeurs

A partir des enquêtes menées dans le cadre d'une thèse de sociologie, il est possible d'invalider certains propos implicites liés au renforcement du contrôle des chômeurs.

Dans une note du ministère du Travail publiée par le Canard Enchaîné du 27 décembre, des conseillers du gouvernement font état de leur intention de durcir le contrôle des chômeurs. Or, le lien entre les comportements de recherche d'emploi et le nombre de chômeurs est une question problématique. A partir des enquêtes menées dans le cadre d'une thèse de sociologie, il est possible d'invalider certains propos implicites liés au renforcement du contrôle des chômeurs. En outre, de nombreux travaux antérieurs en sciences sociales critiquent les arguments spécieux qui sous-tendent les politiques rigoristes vis-à-vis des demandeurs d'emploi.

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