Réforme : ce qui va changer pour l’assurance chômage en trois cas pratiques

Vent debout contre la refonte de l’assurance chômage présentée en début de semaine par le gouvernement, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, dénonce une politique qui «ne se fait pas à hauteur d’hommes et de femmes». Pour mieux comprendre les effets de ces mesures, Libération a imaginé trois situations inspirées du réel de salariés et de chômeurs.

♦ Fabienne, qui alterne chômage et contrats courts, pourrait perdre 200 euros

Fabienne, 45 ans, peu qualifiée, enchaîne les CDD depuis vingt ans dans l’industrie et l’agroalimentaire. Elle alterne sans cesse des périodes d’emploi et de chômage. Les offres d’emploi se font rares dans sa région. Ce qui l’amène à se déplacer toujours plus loin pour travailler, malgré les coûts de transport. Aujourd’hui, en cumulant ses salaires et son indemnisation chômage, elle perçoit moins de 1 000 euros par mois. Mais à partir du 1er avril, les règles de calcul de Pôle Emploi changent : désormais, son indemnité sera calculée non plus sur la base des seuls jours travaillés, mais en faisant une moyenne des revenus sur le mois. Selon la CFDT, qui s’est penchée sur sa situation, son allocation pourrait alors baisser de 150 à 200 euros. Une estimation «à la louche», reconnaît le syndicat, qui explique manquer encore d’éléments pour quantifier l’effet de la réforme.

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Chasse aux chômeurs

Les mesures présentées mardi par le gouvernement Philippe pour améliorer le marché de l’emploi consistent surtout à durcir nettement les conditions d’accès à l’indemnisation.

Sus au chômage, ou sus aux chômeurs ? Le paquet de mesures présentées mardi par le gouvernement Philippe pour améliorer le marché de l’emploi débouche naturellement sur cette question. La macronie en attend une diminution du nombre de demandeurs d’emploi. Mais ces chômeurs cesseront-ils de l’être parce qu’ils auront trouvé du travail ? Ou bien, plus trivialement, parce qu’ils ne pourront plus s’inscrire à Pôle Emploi, sans pour autant travailler ? Explication.

Deux mesures vont dans le bon sens : le bonus-malus destiné à limiter l’emploi précaire (mais son champ d’application a été restreint) et des droits à la formation et à l’accompagnement mieux assurés. Pour le reste, comme souvent depuis quelques décennies, «la réforme» qu’on présente comme une «modernisation» est surtout un sacrifice demandé aux salariés privés d’emploi, c’est-à-dire une régression.

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Google veut devenir un géant de la recherche d'emploi en France

Google lance ce 7 juin une fonction dédiée aux offres d'emploi. Ces dernières pourront être triées par localisation, nature du contrat ou encore par date de parution.

Google fait un grand pas dans le monde de la recherche d'emploi. Ce vendredi 7 juin, le moteur de recherche de l'entreprise américaine s'enrichit d'une nouvelle fonction pour faciliter la quête d'annonces professionnelles en ligne. L'outil, baptisé "Jobsearch", listera des offres pertinentes et organisées, pour permettre aux candidats de postuler par la suite sur le site de leur choix.

Plusieurs critères de tri ont été intégrés à cette nouvelle fonctionnalité: le lieu de travail, la distance par rapport à son domicile, la nature du contrat - stage, CDD, CDI ou encore intérim -, et l'employeur. Un filtre par date de parution de l'offre a aussi été ajouté, pour éviter que les internautes ne tombent sur des offres ayant expiré. Le filtrage par salaire n'est pas proposé, les informations liées à la rémunération se faisant rares dans les descriptifs de poste français.

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Emploi: 3,5 millions de recrutements en vue cette année

Selon un baromètre publié ce lundi par Adecco, les emplois à pourvoir concernent surtout les secteurs en tension comme la restauration ou la construction. Près de 40% des embauches prévues sont en CDI.

Le ralentissement de la croissance cette année ne semble pas freiner les embauches. Alors que le PIB ne devrait progresser que de 1,4% en 2019, les recrutements devraient atteindre un record. C’est un tout cas ce qui ressort du nouveau baromètre trimestriel d’Adecco, dévoilé ce lundi. Le spécialiste de l’intérim, qui a utilisé un algorithme intégrant les données de l’Acoss, de Pôle emploi, de l’Insee ou encore de Prism’emploi, affirme que 3,5 millions de recrutements sont prévus cette année. «Tous les secteurs sont pourvoyeurs d’emplois», estime ce dernier.

Ces emplois sont essentiellement à pourvoir dans le commerce de gros et de détail (544.181 postes), la construction (354.849) et l’hébergement-restauration (336.086). Ces deux derniers secteurs sont jugés en «pénurie», tout comme le transport (252.698), le médico-social et l’action sociale (237.698), l’industrie agroalimentaire (150.818) ou la comptabilité (140.320). Selon Adecco, 39% de ces embauches se feront en CDI, 30% en CDD, 23% en intérim et le reste en stage et apprentissage.

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Plaidoyer pour une assurance chômage européenne

Deux projets sont actuellement à l'étude pour lutter contre les divergences croissantes entre les économies européennes : celui d'un budget de la zone euro et celui d'une assurance chômage européenne. L'auteur plaide pour la deuxième piste, à ses yeux plus réaliste et plus efficace.

Cachée par des secousses et les cycles mondiaux, la divergence entre les capitalismes européens s’accentue. Les causes de cette divergence ne sont pas politiques, au sens étroit du terme, mais économiques : les capitalismes des pays de la zone euro s’inscrivent dans des institutions très différentes - notamment en ce qui concerne la formation des salaires et des prix, qui ont produit des divergences nominales, maintenant difficiles à corriger. En effet, la plupart de ces institutions sont liées à la constitution des Etats-providence européens et donc assises sur des compromis sociaux profonds.

La perception de ces divergences conduit à différentes propositions qui couvrent un spectre large, allant d’un renforcement politique de la zone euro avec un Etat fédéral et un Parlement européen souverain, jusqu’à l’autre extrême qu’est la sortie de la zone euro. L’objet de ce texte est d’examiner les deux projets qui sont actuellement les plus débattus, afin d’évaluer leur intérêt économique et leur faisabilité politique.

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Le grand bond en avant de l'emploi

Conjoncture favorable et changements structurels, les pays les plus riches connaissent un boom de l'emploi. Mais pour combien de temps ?

Et si tout n'était pas aussi sombre ? D'après « The Economist », « ceux qui critiquent le capitalisme » n'ont pas vu la forte augmentation du nombre d'emplois dans les pays riches ni l'amélioration des rémunérations des salariés. « Le capitalisme, écrit l'hebdomadaire avec une grande satisfaction, améliore les conditions de travail à un rythme soutenu alors que les tensions sur le marché du travail ont accru la capacité des salariés à négocier. » Même des pays comme la France, l'Espagne ou l'Italie, où le chômage est encore élevé, le taux d'emploi est proche ou supérieur à ce qu'il était en 2005, sans parler des Etats-Unis, où le taux de chômage est tombé à 3,6 %, voire au Royaume-Uni ou encore en Allemagne et au Japon. Ce boom est dû en partie à un phénomène conjoncturel après une dizaine d'années de stimulation ainsi qu'à la reprise économique. « Mais il y a également des changements structurels », comme des populations plus éduquées ou Internet facilitant les embauches.

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