Emploi et chômage : les écarts de mesure s'amplifient

L'écart entre les deux mesures de référence du chômage, les demandeurs d'emploi catégorie A de Pôle emploi d'un côté, et les chômeurs au sens du BIT de l'autre, s'est accentué de 0,3 à 0,8 million entre 2013 et 2017, selon une récente étude de l'Insee.

Les chiffres du chômage font régulièrement l'objet de polémiques. Pour tenter d'apaiser les débats, le service de statistiques du ministère du Travail et Pôle Emploi avaient annoncé en 2017 qu'ils allaient désormais communiquer officiellement les chiffres sur le nombre de chômeurs inscrits à un rythme trimestriel et non plus mensuel. La volatilité des chiffres mensuels et la multiplication des "bugs" ont amené les autorités à revoir le rythme de publication, préférant mettre en avant des tendances.

En dépit de ce changement, les divergences dans les mesures du chômage persistent, comme l'illustre une étude de l'Insee publiée mardi 2 juillet. Rien qu'en 2017, la France comptait 2,6 millions de personnes de 15 à 64 ans au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) contre 3,4 millions inscrites à Pôle emploi en catégorie A. L'écart entre ces deux mesures, de 0,8 million en 2017, n'était que de 0,3 million en 2013 explique une récente étude de l'Insee.

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CDD : des chiffres explosifs

Source de précarité, les contrats courts ont explosé depuis 20 ans, confirme l'Insee dans une étude parue ce 2 juillet. Une lame de fond qui sera difficile à endiguer.

Alors que le gouvernement vient de décider l'instauration, en janvier 2021, d'un malus - modeste - sur les cotisations d'assurance chômage des entreprises boulimiques en contrats courts, l'Insee livre ce 2 juillet l'édition 2019 de son ouvrage "Emploi, chômage et revenus du travail" dans sa collection Références. On y trouve un chapitre particulièrement éloquent sur la précarisation des emplois salariés, grâce à une rigoureuse et édifiante remise en perspective.

Des chiffres vertigineux

Les chiffres donnent en effet le vertige. En vingt ans, le taux d'embauche (ou "d'entrée") en CDD dans les entreprises d'au moins 10 salariés en France, a progressé de 60 points, passant de 30% à 90%. Le taux de départ (dit "de sortie") de CDD suit une courbe quasi identique.

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Chômage: les divergences de mesure se sont accrues depuis 2013 (Insee)

L'écart entre les deux mesures de référence du chômage, les demandeurs d'emploi catégorie A de Pôle emploi d'un côté, et les chômeurs au sens du BIT de l'autre, s'est accentué de 0,3 à 0,8 million entre 2013 et 2017, selon une étude publiée mardi par l'Insee.

En moyenne en 2017, en métropole, 2,6 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans étaient au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) alors que 3,4 millions étaient inscrites à Pôle emploi en catégorie A.

Un chômeur BIT est une personne sans emploi lors d'une semaine de référence, ayant cherché un emploi lors du mois précédent et disponible pour en prendre un dans les 15 jours. L'enquête Emploi de l'Insee, réalisée auprès des ménages, permet d'estimer le nombre de personnes répondant à cette définition internationale.

L'inscription à Pôle emploi résulte elle d'une démarche administrative. Sont recensés en catégorie A les demandeurs d'emploi qui n'ont pas travaillé au cours d'un mois donné.

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Contre le chômage, il fallait essayer encore

Sur le terrain de l’emploi en France, ça va mieux. Mais moins bien que dans la plupart des pays développés. Il faut encore essayer.

« Contre le chômage, on a tout essayé », disait François Mitterrand en 1993, quand le taux de sans-emploi était à plus de 10 %. Fort heureusement, ses successeurs réessayèrent néanmoins. Avec des succès divers. Le taux de chômage vient de baisser une nouvelle fois en France, pour s’établir à 8,7 %.

Selon l’INSEE, il pourrait être de 8,3 % en fin d’année. Si cette tendance devait se confirmer, les 7% de chômeurs espérés par le président de la République pour la fin de son mandat pourraient être atteints, contre tous les pronostics des observateurs établis jusqu’ici.

La politique de l’offre regonfle la compétitivité des entreprises. La réforme du marché du travail tend à faciliter la création de postes et le recrutement. Les entreprises ayant retrouvé des capacités à investir et le pouvoir d’achat ayant augmenté, la croissance ne se tient pas trop mal au premier semestre. L’INSEE prévoit en conséquence 240 000 emplois de plus en 2019. La politique de l’offre et la réforme du marché du travail doivent tout à François Hollande et à Emmanuel Macron. L’augmentation du pouvoir d’achat est en partie due aux décisions prises d’emblée par ce dernier, et en partie aux mesures sociales qu’il annonça fin 2018 pour répondre aux Gilets jaunes.

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Droit au chômage : les Français mieux ou moins bien lotis que leurs voisins ?

Le gouvernement durcit les règles d'indemnisation en revoyant notamment les conditions d'ouverture des droits. Mais ailleurs, ça se passe comment ?

C'est l'une des mesures chocs annoncées par le gouvernement, dans le cadre de la réforme de l'assurance-chômage : les modalités pour percevoir une allocation chômage vont se durcir. Aujourd'hui, il faut avoir travaillé au moins 4 mois au cours des 28 derniers mois pour être indemnisé (sauf pour les plus de 53 ans). A compter du 1er novembre, la période de référence prise en compte va diminuer et celle de travail augmenter. Il faudra justifier de 6 mois d'activité sur les 24 derniers mois pour ouvrir des droits, ce qui, ont alerté les syndicats, risque d'exclure les plus précaires, qui cumulent des contrats courts.

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Y a-t-il vraiment 37 millions d'offres d'emploi chaque année, comme l'affirme Muriel Pénicaud ?

Pôle Emploi et ses partenaires diffusent annuellement un peu plus de 7 millions d'offres ces dernières années. La ministre a confondu avec le nombre de nouveaux contrats.

Question posée par Léo le 19/06/2019

Bonjour,

Invitée sur BFM TV-RMC ce mercredi matin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, est venue défendre la réforme de l’assurance chômage, présentée la veille par le gouvernement et vivement critiquée par l’ensemble des organisations syndicales.

Interrogée sur le nombre de chômeurs qui ne seront plus indemnisés après la réforme, en raison du resserrement des critères ouvrant droit à une allocation, la ministre a confirmé le chiffre de la CGT, à savoir 250 000 personnes. Mais Muriel Pénicaud a aussitôt embrayé en expliquant qu’il y avait plusieurs millions d’offres d’emploi en France chaque année, sous-entendant que ces derniers pourront toujours saisir une de ces opportunités : «Aujourd’hui, sur le site de Pôle Emploi, il y a 688 000 offres d’emploi. Il y a deux jours, il y en avait 672 000. Il y a 37 millions d’offres d’emploi par an.» Avant d’ajouter, un ton en dessous : «Pour beaucoup, c’est des contrats courts.»

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