Pas de boulot ni la santé : la double peine des chômeurs

Une étude souligne que le chômage pourrait provoquer la mort de 10 000 à 15 000 personnes par an. Un problème largement sous-évalué.

Stress, perte de sommeil, problèmes cardiovasculaires, addictions, diabète, dépression... Perdre son travail et avoir du mal à en retrouver nuit gravement à la santé, mais celle des chômeurs reste un sujet tabou en France. « On a imposé de rouler à 80 km/h pour éviter 400 morts par an - c'est très bien -, mais là on parle de 10 000 à 15 000 morts par an ! Et qu'est-ce qu'on fait ? » tempête Michel Debout, professeur de médecine légale et psychiatre, auteur du livre Le Traumatisme du chômage. Vertigineux, le chiffre de 10 000 à 14 000 décès imputables au chômage est issu d'une étude réalisée par Pierre Meneton, chercheur à l'Inserm, publiée en 2015. Cette étude montre que « vous avez trois fois plus de risques de décéder si vous êtes chômeur », rappelle-t-il. Comme le souligne l'association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) dans un rapport publié jeudi et que l'Agence France-Presse s'est procuré, le sujet de la santé des chômeurs est « sous-estimé collectivement » et continue de faire l'objet de très peu d'études scientifiques.

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« Ami chômeur, traverse la rue ! »




Tuto : comment trouver un travail




Contre le chômage, il suffit de «traverser la rue»

Cette manie de faire la leçon à tout le monde… Aux «fainéants», à un gamin trop familier, au Sénat, aux ouvriers licenciés coupables de ne pas se faire embaucher à une heure de route de chez eux, aux «Gaulois réfractaires au changement», aux journalistes trop critiques, aux bénéficiaires de la protection sociale qui font dépenser «un pognon de dingue», etc. Et maintenant à un chômeur se plaignant de sa situation - faudrait-il qu’il exulte ? - alors que pour trouver un emploi, «il suffit de traverser la rue». Faire la leçon à tout le monde… Pas tout à fait, d’ailleurs. On n’a pas entendu le Président morigéner les PDG qui touchent des millions d’indemnités de départ alors que leurs résultats sont mauvais, les banquiers qui spéculent sur un volcan, les ex-assujettis de l’ISF qui n’investissent pas assez vite, etc. Il est vrai que ce sont des «premiers de cordée»… Respect.

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Le chômage tue plus que les accidents de la route en France

Une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) estime qu’entre 10000 et 14000 décès par an sont imputables au chômage. Un chiffre alarmant, véritable enjeu de santé publique, qu’il convient d’analyser.

« C’est un problème de santé publique » déclarait en Mai 2016, Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, dans le journal Libération. Une cause de mortalité majeure dont le chiffre nous fait osciller entre la nausée et le vertige : 10000 à 14000 décès par an. À titre de comparaison, les accidents de la route emportent 3500 personnes chaque année. On aurait presque tendance à l’oublier, tant elle est analysée et commentée, mais derrière la courbe du chômage se cache une réalité, celle de millions de personnes en détresse.

Les raisons de ce taux de mortalité élevé sont multifactorielles et concernent autant la santé mentale que la santé physique. En effet, le rapport souligne que le non-emploi accentue certaines habitudes de vie et de consommation : depuis le tabagisme à l’alcool, une mauvaise alimentation (par manque de moyens), la sédentarité, le tout accroissant le risque de contraction de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs ont également constaté un risque important de rechute de cancer en situation de chômage et invitent les médecins généralistes à considérer les patients en situation de non-emploi comme une population à risque. « Pour les personnes en situation de chômage, le risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus est augmenté de 80% au regard des actifs, pour les hommes comme pour les femmes » déclare les chercheurs d’une étude du CESE (Conseil économique social et environnementale).

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Le chômage recule moins vite en France qu’ailleurs en Europe

La France est clairement à la traîne de l’Union européenne, alors qu’elle enregistre un chômage supérieur à la moyenne, elle est le seul pays où le chômage recule en moyenne moins vite qu’ailleurs.

Les dernières statistiques publiées par Eurostat montrent que la France reste parmi les pays les plus touchés par le chômage, avec un taux de chômage à 9,2 % en juillet 2018, contre 6,8 % en moyenne dans l’Union européenne à 28. Seuls l’Italie (10,4 %), l’Espagne (15,1 %) et la Grèce (19,5 %) enregistrent des taux de chômages plus élevés.

Elles montrent aussi que le chômage reflue deux fois moins vite en France que chez nos voisins. En un an le chômage français a baissé de 0,4 %, contre 0,8 % en moyenne dans l’UE. Le chômage a baissé bien plus vite dans tous les États membres frappés par un chômage significatif, avec des améliorations très marquées à Chypre (-3 %), en Grèce (-2,2 % entre mai 2017 et 2018) ou au Portugal (-2,1 %).

EMBELLIE SIGNIFICATIVE CHEZ NOS VOISINS

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