Faut-il payer pour trouver un emploi ?

Faut-il payer pour trouver un emploi ? De prime abord, la réponse est non. Un candidat à la recherche d’un emploi n’a pas à payer pour trouver un travail ! C’est la base, c’est la règle… Une sorte de contrat moral et éthique implicite. Mais la frontière entre recherche d’emploi et optimisation du profil est parfois floue. Profils payants sur des réseaux sociaux professionnels, CV en ligne en mode premium ou encore recours à un accompagnement… de nombreuses entreprises proposent déjà des services complémentaires payants. Alors où se place le curseur qui empêche ou non des entreprises de faire payer des services pour aider des candidats à trouver un travail ?

Tout est parti d’une polémique issue d’un article publié sur Numerama. Celui-ci raconte comment Pôle emploi a mis en avant sur son site Emploi Store (au milieu de centaines d’autres applications) une nouvelle application premium La pile de CV  créé par Bowkr qui permet aux demandeurs d’emplois de payer pour faire remonter leur CV tout en haut de résultats de recherche. C’est là que, selon Numerama, « entre en jeu le phénomène de gamification qui dérange. Car à l’image d’un jeu vidéo, chaque CV dispose d’un compte d’expérience (« XP ») spécifique ». Plus on a de points, plus le CV sera mis en en haut de la pile et donc favorisé par rapport aux autres. « Plus tu es haut dans la pile, plus tu as de chances de trouver un job! » vante l’entreprise sur son site ». Or pour gagner de l’expérience, il y a bien sûr la méthode gratuite (ajout de compétences etc…) mais aussi la version payante qui rapporte plus d’XP. L’utilisateur est ainsi invité à payer 24,99 euros pour voir son profil boosté pour une durée de sept jours. Depuis, Pôle emploi a retiré l’application de son site, mais la polémique a continué à faire couler beaucoup d’encre.

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Assurance chômage : responsabiliser les employeurs

Par Romain Jehanin, avocat au Barreau de Paris, spécialisé en droit du travail.

Le Gouvernement vient de publier, ce 30 décembre 2018, un décret durcissant les obligations et les sanctions à l’égard des chômeurs, au motif invoqué de les « responsabiliser » davantage, et d’inciter à la reprise d’emploi. Dans le même temps, le Gouvernement Macron-Philippe dissimule à peine sa volonté d’instaurer une dégressivité des allocations chômage, dans l’objectif d’économiser 3 à 3,9 milliards d’euros en trois ans.

A l’heure où l’on parle donc de financement de l’assurance chômage, de baisse programmée des allocations, et de responsabilisation des chômeurs, il est temps de responsabiliser davantage les employeurs se livrant à des licenciements abusifs. En effet, lorsque certaines entreprises procèdent à des licenciements sans motif légitime, elles font peser sur Pôle emploi, et donc sur la communauté nationale, le poids de leurs manquements, dans la mesure où les salariés concernés demeurent parfois au chômage durant des années.

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« Il faut mieux contrôler la recherche d'emploi des chômeurs »

INTERVIEW. Stefano Scarpetta, spécialiste de l'emploi à l'OCDE, souligne l'importance d'instaurer une responsabilité mutuelle entre les chômeurs et Pôle emploi.

Faut-il contrôler davantage les chômeurs dans leur recherche d'emploi  ? La publication d'un décret en application de la loi de Muriel Pénicaud pour la liberté de choisir son avenir professionnel, qui réforme la formation professionnelle et l'apprentissage et renforce le contrôle des chômeurs, a relancé la polémique. Il révise en effet l'échelle des sanctions applicables en cas de manquement des chômeurs à leurs obligations. L'absence à un rendez-vous avec le conseiller Pôle emploi entraînera désormais une suspension d'un mois des allocations, contre deux mois auparavant. L'insuffisance de recherche d'emploi sera plus durement sanctionnée avec une suppression de l'allocation pendant un mois dès le premier manquement constaté, contre une suspension pendant quinze jours actuellement. Pour les opposants à la réforme, cela revient à stigmatiser les chômeurs en les rendant responsables de leur situation, alors qu'une grande majorité d'entre eux recherche un travail. L'Italien Stefano Scarpetta, directeur de la direction de l'emploi, du travail et des affaires sociales de l'OCDE, éclaire ce débat.

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Chômage : 2018 s'annonce meilleur que 2017 en France

Entre janvier et novembre 2018, le nombre de chômeurs n'ayant pas du tout travaillé dans le mois a baissé d'environ 50.000, selon les statistiques publiées jeudi par le ministère du Travail. Il faudra attendre les chiffres de décembre pour mesurer l'impact qu'aura eu le mouvement des « gilets jaunes ».

Les Echos: Ce n'est pas encore le bilan de l'année, mais cela commence à y ressembler. Le ministère du Travail a publié ce jeudi ses statistiques mensuelles concernant les inscriptions à Pôle emploi pour le mois de novembre. Selon ces données, sur les onze premiers mois de 2018, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, c'est-à-dire n'ayant pas du tout travaillé dans le mois, a baissé de 52.600 pour revenir à 3.410.800 en France métropolitaine. Lorsque l'on prend en compte aussi ceux ayant travaillé (catégories B et C), la baisse est de 40.700, à 5.586.400.

Baisse sur la catégorie A

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Faut-il renforcer le contrôle des chômeurs ?

L’Institut Xerfi revient sur la question de l’emploi en France en recevant Anne Fretel, chercheuse associée à l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires) et maître de conférences à Lille, afin d’évoquer plus spécifiquement, et en détails, le contrôle des chômeurs français…

Alors que le niveau du chômage en France demeure élevé et que sa durée moyenne ne cesse de croître, le président Macron souhaite réformer. Mais faut-il renforcer le contrôle des chômeurs au risque de les considérer comme des tricheurs ? Et cette surveillance peut-elle véritablement suffire à convaincre les chômeurs de retrouver rapidement un emploi ? Pour tenter de répondre, Xerfi a interrogé le professeur Anne Fretel de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), qui estime que “cette idée du contrôle des chômeurs s’inscrit dans une tentative d’explication des causes du chômage et ce, à l’appui des théories économiques dominantes selon lesquelles une partie importante du chômage que l’on constate serait en fait liée à des comportements de maximisation de la part des chômeurs qui, en permanence, compareraient les ressources qu’ils peuvent retirer en allant travailler de celles dont ils peuvent bénéficier sans emploi grâce aux minimas sociaux et aux assurances-chômages”.

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Chômage : avancée pour les frontaliers

Une bonne surprise. Le parlement européen souhaite que les travailleurs frontaliers au chômage aient le libre choix pour le versement de leur allocation. Soit par leur pays de résidence, soit par celui où ils étaient en activité.

Une lueur d’espoir. Lors de sa séance plénière du 11 décembre, le parlement européen a suivi l’avis du député Guillaume Balas, rapporteur. Il a voté en faveur du libre choix pour le versement de l’allocation-chômage. Les frontaliers pourraient décider d’être indemnisés soit par leur pays de résidence, la France, soit par celui où ils étaient en activité. Une bonne surprise pour les comités de défense des travailleurs frontaliers de Moselle et du Luxembourg. Depuis près de deux ans, ils luttent pour qu’une proposition de la commission européenne ne voit pas le jour. Elle préconise que l’allocation-chômage ne soit plus versée par la France, mais par le pays où le frontalier était en activité. Le Grand-Duché pour beaucoup d’entre eux.

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