Contre le chômage, il suffit de «traverser la rue»

Cette manie de faire la leçon à tout le monde… Aux «fainéants», à un gamin trop familier, au Sénat, aux ouvriers licenciés coupables de ne pas se faire embaucher à une heure de route de chez eux, aux «Gaulois réfractaires au changement», aux journalistes trop critiques, aux bénéficiaires de la protection sociale qui font dépenser «un pognon de dingue», etc. Et maintenant à un chômeur se plaignant de sa situation - faudrait-il qu’il exulte ? - alors que pour trouver un emploi, «il suffit de traverser la rue». Faire la leçon à tout le monde… Pas tout à fait, d’ailleurs. On n’a pas entendu le Président morigéner les PDG qui touchent des millions d’indemnités de départ alors que leurs résultats sont mauvais, les banquiers qui spéculent sur un volcan, les ex-assujettis de l’ISF qui n’investissent pas assez vite, etc. Il est vrai que ce sont des «premiers de cordée»… Respect.

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Le chômage tue plus que les accidents de la route en France

Une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) estime qu’entre 10000 et 14000 décès par an sont imputables au chômage. Un chiffre alarmant, véritable enjeu de santé publique, qu’il convient d’analyser.

« C’est un problème de santé publique » déclarait en Mai 2016, Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, dans le journal Libération. Une cause de mortalité majeure dont le chiffre nous fait osciller entre la nausée et le vertige : 10000 à 14000 décès par an. À titre de comparaison, les accidents de la route emportent 3500 personnes chaque année. On aurait presque tendance à l’oublier, tant elle est analysée et commentée, mais derrière la courbe du chômage se cache une réalité, celle de millions de personnes en détresse.

Les raisons de ce taux de mortalité élevé sont multifactorielles et concernent autant la santé mentale que la santé physique. En effet, le rapport souligne que le non-emploi accentue certaines habitudes de vie et de consommation : depuis le tabagisme à l’alcool, une mauvaise alimentation (par manque de moyens), la sédentarité, le tout accroissant le risque de contraction de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs ont également constaté un risque important de rechute de cancer en situation de chômage et invitent les médecins généralistes à considérer les patients en situation de non-emploi comme une population à risque. « Pour les personnes en situation de chômage, le risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus est augmenté de 80% au regard des actifs, pour les hommes comme pour les femmes » déclare les chercheurs d’une étude du CESE (Conseil économique social et environnementale).

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Le chômage recule moins vite en France qu’ailleurs en Europe

La France est clairement à la traîne de l’Union européenne, alors qu’elle enregistre un chômage supérieur à la moyenne, elle est le seul pays où le chômage recule en moyenne moins vite qu’ailleurs.

Les dernières statistiques publiées par Eurostat montrent que la France reste parmi les pays les plus touchés par le chômage, avec un taux de chômage à 9,2 % en juillet 2018, contre 6,8 % en moyenne dans l’Union européenne à 28. Seuls l’Italie (10,4 %), l’Espagne (15,1 %) et la Grèce (19,5 %) enregistrent des taux de chômages plus élevés.

Elles montrent aussi que le chômage reflue deux fois moins vite en France que chez nos voisins. En un an le chômage français a baissé de 0,4 %, contre 0,8 % en moyenne dans l’UE. Le chômage a baissé bien plus vite dans tous les États membres frappés par un chômage significatif, avec des améliorations très marquées à Chypre (-3 %), en Grèce (-2,2 % entre mai 2017 et 2018) ou au Portugal (-2,1 %).

EMBELLIE SIGNIFICATIVE CHEZ NOS VOISINS

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Assurance-chômage : ce qu'il faut savoir

L'assurance-chômage a vocation à protéger tous les salariés en cas de perte d'emploi. Elle leur verse une allocation pendant le temps nécessaire (2 à 3 ans maximum) au retour à l'emploi. Certaines conditions sont toutefois à remplir pour en bénéficier et la durée d'indemnisation dépend du dernier contrat de travail. Plusieurs réformes de l'assurance-chômage sont actuellement menées.

Les mécanismes de l'assurance-chômage

Obligatoire, l'assurance-chômage est une assurance à laquelle cotisent tous les salariés du privé ainsi que certains du secteur public. Cette assurance prend la forme d'une cotisation qui correspond à 6,45% du salaire brut, dont 4,05% est à la charge de l'employeur. Lorsque le salarié se retrouve au chômage, suite à un licenciement, une rupture conventionnelle ou une démission (dans certains cas spécifiques), une allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) est versée par le Pôle Emploi. Pour pouvoir en bénéficier, le chômeur doit : Résider en France métropolitaine, ou dans les DROM Avoir perdu son emploi de façon involontaire et être inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi Être à la recherche effective d'un nouvel emploi Avoir été affilié 4 mois minimum à l'assurance-chômage au cours des 28 derniers mois (36 mois pour les plus de 50 ans) Ne pas avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite et être apte physiquement au travail. La durée d'indemnisation dépend de l'ancienneté du dernier contrat de travail et ne peut excéder 24 mois, sauf pour les chômeurs de plus de 50 ans pour lesquels elle peut être prolongée jusqu'à 36 mois

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Les ménages s'inquiètent du chômage

La confiance des ménages est restée stable en août en France pour le deuxième mois consécutif. Elle continue ainsi d'évoluer à son plus bas niveau depuis septembre 2016, selon les données publiées mardi par l'Insee. L'indicateur synthétisant cette confiance est ressorti sans changement à 97, un niveau inférieur à sa moyenne de longue période, calée à 100.

Par rapport à l'enquête de juillet, les ménages français affichent une quasi-stabilité d'opinions sur leur situation financière personnelle, passée et future, et la proportion de ceux qui jugent opportun de faire des achats importants est de même inchangée.

Le chômage inquiète

La part des ménages estimant qu'il est opportun d'épargner augmente en revanche nettement après trois mois de stabilité mais reste au-dessous de sa moyenne de long terme.

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Haro sur les chômeurs premium

"Je suis exactement sur la même ligne que le président : celle de refuser qu'on mette un pognon de dingue dans des dispositifs sans veiller en même temps a leur efficacité." C'est en ces termes que le député macroniste Aurélien Taché s'est confié, lundi 27, à des collègues.

Il faisait allusion à sa proposition d'instaurer une dégressivité de l'assurance-chômage, à partir de six mois de période sans emploi, pour les cadres touchant entre 5 000 et 6 000 euros d'allocation mensuelle (Le Parisien du 22/08).

"On doit être capables de montrer, a renchéri Taché, que nous n'avons pas peur de réduire le montant des allocations dont bénéficient les hauts revenus."

Petit problème : c'est en grande partie sur les cadres que repose aujourd'hui la solidité du financement de l'assurance chômage.

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