Emplois d'avenir, le gouvernement en appelle au secteur privé

Le ministre du travail est prêt à étendre au secteur privé - plus que ce qui est déjà prévu - le système des "emplois d'avenir" destiné à faciliter l'embauche de jeunes pas ou peu qualifiés. Michel Sapin indique avoir donné des consignes en ce sens aux Préfets de région et à Pôle Emploi.



Soit le ministre du Travail a l'espoir de créer ainsi plus d'emplois, soit il veut trouver un palliatif au système actuel qui ne remplit pas ses objectifs. Dans les deux cas, le secteur privé est appelé à la rescousse, ce qui nous renvoie à l'appel lancé par Laurence Parisot et Christian Charpy, fin avril, au lendemain de la publication des chiffres records du chômage. La Présidente du MEDEF et l'ancien patron de Pôle Emploi avaient plaidé en faveur d'une ouverture du dispositif au secteur marchand. Le ministre apporte lui-même la réponse en reconnaissant qu'il faut accélérer le rythme sur la deuxième partie de l'année. A ce jour, 20.000 contrats d'avenir ont été signés pour un objectif de 100.000 à fin 2013. De toute évidence, on est en retard sur le plan de charge pour ce dispositif qui coûte près de 2 milliards et demi d'euros.

Comment fonctionne le système ?

Il revient à subventionner les emplois à hauteur de 75% du SMIC dans le secteur non marchand (public, social, associatif) et à 35% dans le secteur marchand (les entreprises privées) mais dans des conditions plus restrictives. La vraie question est de savoir si les contrats d'avenir débouchent sur de réels emplois dans le public. Réponse : oui, mais au meilleur des cas pendant trois ans, la durée prévue pour le dispositif. Au delà, à part peut-être quelques exceptions : non ! Pour une raison simple : pérenniser un emploi public veut dire compenser par de la fiscalité supplémentaire. Ce qui est aujourd'hui – et pour les prochaines années – très difficile vu l'état de nos finances.

Pourquoi le secteur privé ferait-il mieux ?

Il permet d'élargir le champ d'application jusqu'à présent limité à l'animation sociale, culturelle ou sportive, aide à la personne, etc... Ensuite, une entreprise qui décide de prendre un jeune peu ou pas qualifié profite, certes, de subventions mais elle y ajoute le financement d'une formation dont le candidat va bénéficier. Pour beaucoup d'entreprises, c'est l'occasion de permettre au jeune de mettre le pied à l'étrier et, s'il fait ses preuves, d'intégrer les équipes. Dans le public, comme tous les emplois aidés qui se sont succédés depuis les gouvernements Jospin et Villepin (souvenez-vous des contrats d'insertion, contrats d'accompagnement dans l'emploi, contrat initiative emploi... et j'en passe)... à chaque fois, on a " dépanné " des jeunes en souffrance sans leur offrir de véritable lendemain. C'est ce que l'on appelle le ''traitement social du chômage''. Le gouvernement est peut-être en train d'en constater les limites.

Tout info, tout éco | Emmanuel Cugny



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