Chômage: les chiffres de septembre attendus vendredi, dans un contexte morose

Après un léger répit en août, Pôle emploi publie vendredi les chiffres du chômage à fin septembre, tandis que certains demandeurs d'emploi perdent espoir face à la paralysie persistante du marché du travail.

Le nombre des inscrits sans activité à Pôle emploi flirte avec son record de 3,42 millions atteint en juillet, malgré une éclaircie en août (-11.100, -0,3%).

Sur le mois, la situation s'était quasiment stabilisée chez les jeunes (-0,1%) et les seniors (+0,1%), mais, sur un an, elle restait catastrophique pour les 50 ans et plus (+11,6%) et se dégradait légèrement pour les moins de 25 ans (+0,7%).

Il s'agissait de la première baisse en dix mois et de la troisième seulement depuis le début du mandat de François Hollande en mai 2012. Sur la période, près d'un demi-million de chômeurs supplémentaires ont poussé la porte de Pôle emploi.

Rien ne permet d'anticiper une amélioration à court terme. L'Unédic, qui gère l'assurance chômage, table sur 44.000 chômeurs supplémentaires d'ici à la fin de l'année. Quant à l'Institut national de la statistique, il prévoit, sur la même période, une hausse de 0,2 point de son taux de chômage, à 9,9% de la population active en métropole.

Les deux organismes pointent le défaut de croissance: nulle au premier semestre, elle devrait à peine frémir au second (0,4% prévu sur l'année).

Or, selon la plupart des économistes, il faut au moins 1,5% de croissance en moyenne pour faire reculer le chômage. Plusieurs membres du gouvernement, Manuel Valls en tête, ont d'ailleurs admis que la situation ne s'améliorerait pas sans croissance.

Dans ce contexte morose, certains chômeurs, "découragés", ne cherchent plus d'emploi. L'opérateur public en a fait le constat lors de l'expérimentation d'un dispositif de contrôle de la recherche d'emploi, qui pourrait être généralisé début 2015.

Dans les trois régions tests, l'opérateur a repéré entre 12% et 23% de chômeurs ayant "besoin d'être remobilisés". Bien que ne cherchant pas d'emploi, ils n'ont pas été sanctionnés.

Parallèlement, entre 8% et 35% des chômeurs contrôlés ont été radiés pour "insuffisance de recherche d'emploi". Parmi eux: une forte majorité (63%) de chômeurs de longue durée.

François Rebsamen, ministre du Travail, a appelé à un meilleur accompagnement, considérant comme un "échec" le fait que "des chômeurs abandonnent". En septembre, il avait déclenché un tollé syndical en demandant un renforcement du contrôle des chômeurs en matière de recherche d'emploi.

- 300 millions pour l'apprentissage -

D'autres voix au gouvernement ont récemment plaidé pour une réforme de l'assurance chômage, pour rendre le système moins déficitaire et plus incitatif à la reprise d'emploi. C'est Manuel Valls qui a ouvert la brèche au début du mois.

La proposition a aussi hérissé les syndicats, alors que de nouvelles règles, validées en juin par le gouvernement, viennent d'entrer en vigueur.

François Hollande a opposé une fin de non-recevoir au Premier ministre.

Les comptes de l'assurance chômage, gérés paritairement, sont dans le rouge: 3,8 milliards d'euros de déficits prévus cette année, pour une dette de 21,4 milliards. Très dépendants de la conjoncture, ils pourraient revenir à l'équilibre en cas de baisse prolongée du chômage.

Pour y parvenir, le gouvernement mise principalement sur le pacte de responsabilité, qui octroie aux entreprises 40 milliards d'euros d'ici à 2017, en échange de négociations dans les branches professionnelles sur l'emploi notamment. Mais pour l'heure, seules les industries chimiques et métallurgiques ont pris des engagements.

Un point d'étape est prévu d'ici à la fin du mois, avec la première réunion du comité de suivi des aides publiques, autour du Premier ministre. La date n'est pas encore fixée.

L'exécutif met aussi l'accent sur l'apprentissage. Il va inclure au budget 2015 une enveloppe de 300 millions d'euros pour financer une nouvelle aide de 1.000 euros pour l'accueil d'apprentis dans les entreprises de moins de 250 salariés.

Le gouvernement poursuit également sa politique d'emplois aidés. La barre des 150.000 emplois d'avenir a été atteinte fin septembre. Maigre consolation pour l'ex-candidat Hollande, qui coche ainsi son engagement de campagne n°34.

Par AFP



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