C3 Consultants. Un salarié sur deux sur la touche à Nantes

Les jours de ce prestataire de Pôle emploi en faillite sont comptés. Des repreneurs ont présenté, lundi, leur offre au tribunal de commerce. Mais seuls 260 des 580 salariés seraient conservés.

« Je veux que ça s’arrête et tourner la page », soupire cette salariée qui travaille à Ancenis. Écœurés, épuisés par des mois de procédure, de scandales en série, des conseillers de C3 Consultants attendent leur licenciement. Et c’est une question de jours pour une majorité de ces professionnels, à qui Pôle emploi confiaient jusqu’à maintenant l’accompagnement des chômeurs.

C’est la fin d’une petite entreprise née à Saint-Herblain qui, ces deux dernières années, s’est imposée en France, comme l’un des leaders sur le marché, en rachetant successivement des sociétés et en créant C3 Ile-de-France, C3 Sud-Ouest, C3 Est. On sait aujourd’hui que le groupe en faillite sera cédé par petit bout et pour quelques milliers d’euros.

Ironie de l’histoire, C3 Atantique, l’entité historique paiera le plus lourd tribut. En tout cas, c’est ce qui est ressorti de l’audience hier devant le tribunal de commerce. Des candidats à la reprise sont venus présenter leur offre, seulement pour certaines sociétés du groupe. Pour C3 Atlantique, aucun repreneur n’a pointé finalement le bout de son nez. Les juges pourraient donc prononcer aujourd’hui une liquidation. Les 150 salariés seront alors licenciés. Et les demandeurs d’emploi suivis par les conseillers renvoyés vers d’autres structures. « Pôle emploi a déjà anticipé et envoie les stagiaires ailleurs », commente une salariée en colère.

Une image salie

Globalement, on ne peut pas dire que les repreneurs se sont pressés au tribunal (1). Si on additionne toutes les offres, 260 salariés seraient repris sur les 580 que compte C3. La facture est lourde. « Nous avons pâti de plusieurs choses dans ce dossier », confirme le mandataire judiciaire, Bertrand Manière au chevet de C3 Ile-de-France, C3 Est et C3 Sud-Ouest. Les marchés en cours s’achèveront en 2015. Pôle emploi va lancer de nouveaux appels. Aucune garantie pour le repreneur de gagner les prochains marchés. « Il y a aussi un problème de rentabilité et puis il y a l’image de C3 », commente Bertrand Manière.

Le PDG, Thierry Frère, qui a par ailleurs fait un malaise hier lors de l’audience, est convoqué ce mois-ci en correctionnelle pour abus de biens sociaux. Il est soupçonné d’avoir réalisé des travaux (500 000 €) à son domicile, facturés à son entreprise. À Bobigny, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, faux et usage de faux. En cause, des faux contrats d’embauche fournis à des jeunes de banlieue. L’affaire a sali l’image du groupe et creusé ses difficultés financières. Dans un contexte économique déjà fragile et hyper concurrentiel.


(1) Pour C3 Ile-de-France, l’entreprise Facem Management a fait une offre et propose de reprendre 120 salariés sur 140. C’est la seule sur les rangs aujourd’hui. Un pari risqué pour cette petite structure au chiffre d’affaires largement inférieur à celui de C3. Elle se positionne aussi pour C3 Est. Une offre concurrente émane de Formations et métiers, qui a la faveur des représentants des salariés. Les candidats ont 15 jours pour améliorer leur copie. Et enfin, l’Insup est intéressée par la reprise de C3 Sud-Ouest et de 60 salariés sur 100. Décision la semaine prochaine.


 Marylise COURAUD.




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