Idées reçues et autres vérités sur les chômeurs en France

idées-reçues-sur-les chomeurs 250Qui sont les 5 millions d'inscrits à Pôle emploi? Pourquoi sont-ils au chômage? Quel est leur niveau d'étude? Combien perçoivent-ils d'indemnisation? Une étude de l'Unédic publiée ce mardi présente des données inédites sur les allocataires de l'assurance chômage. Ce qu'il faut en retenir.

Un peu plus de 5 millions de personnes pointaient à Pôle emploi fin mars. Un record absolu. Jamais la France n'a compté autant de chômeurs, avec ou sans activité réduite. Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils au chômage ? Combien perçoivent-ils ? Une étude de l'Unedic - l'organisme paritaire qui gère l'assurance-chômage - publiée ce mardi 30 avril apporte des éléments de réponses. Elle analyse les caractéristiques et les trajectoires des 2,4 millions de chômeurs indemnisés à la fin de l'année 2011 (sur 4,8 millions d'inscrits à Pôle emploi).

Seuls 10,8 % des chômeurs sont des licenciés économiques


Les plans sociaux font la Une des médias mais sont loin de constituer le gros des entrées à Pôle emploi. La majorité des allocataires (51%) se sont inscrits en 2011 après une fin de CDD ou de mission d'intérim, reflet de la "dualité croissante du marché du travail entre contrats courts et contrats long", selon l'Unedic. 32% des chômeurs indemnisés sont des licenciés, dont 10,8% seulement des licenciés économiques. Ils sont ainsi aussi nombreux que ceux qui ont opté pour une rupture conventionnelle (11,4%).

L'industrie fournit moins de 12% des chômeurs

La désindustrialisation de la France est réelle, mais ne constitue pas le vivier des nouveaux chômeurs. Les demandeurs d'emploi indemnisés perdent leur emploi majoritairement dans le secteur du commerce, des transports et de l'hôtellerie (28,9%), dans les activités de services administratifs et de soutien (19,4%), et dans l'administration publique, l'enseignement et la santé (16,8%). Seuls 11,7% des chômeurs indemnisés ont perdu leur emploi dans le secteur de l'industrie manufacturière.

Plus d'un million de chômeurs travaille

Près d'un quart (23%) des allocataires travaillaient à temps partiel avant de perdre leur emploi. Conséquence: les demandeurs d'emploi en activité réduite - qui travaillent à temps partiel, en intérim ou en CDD et sont à la recherche d'un emploi au cours du même mois - représentent chaque mois 1,2 million de personnes, soit la moitié des chômeurs indemnisés. Ils n'étaient que 100.000 en 1991.

Autant d'hommes que de femmes

En 2011, les hommes représentent 50,8% des allocataires de l'assurance-chômage. Les jeunes hommes (moins de 20 ans) sont deux fois plus nombreux que les jeunes femmes (65% contre 35%), ces dernières étant scolarisées plus longtemps.

Plus de la moitié des chômeurs n'ont pas le BAC

Le diplôme protège bel et bien du chômage. En effet, 55,2% des allocataires indemnisés n'ont pas le BAC (contre 22% des personnes en emploi) et un quart ont un niveau de diplôme BAC+2 ou plus. Plus d'un tiers des indemnisés ont un CAP ou un BEP, majoritairement des hommes et des jeunes. 18% ont arrêté leurs études avant le BAC.

Un quart des allocataires ont perçu plus d'un an de chômage

Près de la moitié (46,7%) des allocataires ont une durée d'affiliation (période de cotisation à l'assurance-chômage) supérieure à 2 ans, un quart entre un et deux ans et 12% ont cotisé moins de six mois. Toutefois, seuls 25% des allocataires ont été indemnisés pendant plus d'un an, et sont donc considérés comme des chômeurs de longue durée. Cette proportion est légèrement supérieure chez les femmes et les seniors. La durée moyenne d'indemnisation en 2011 était de 10 mois.

Une indemnisation moyenne de 1055 euros net par mois

Le montant moyen de l'allocation mensuelle s'élevait, en 2011, à 1128 euros brut, soit 1055 euros net. Cela correspond à 69% du salaire net de référence. Plus le salaire antérieur est faible, plus le taux de remplacement augmente : il s'élève à 78% pour les salariés payés au Smic, et baisse à 50% pour les salariés gagnant plus de 4000 euros nets par mois.

Seuls 1600 chômeurs touchent l'allocation maximale

La France est trop généreuse avec ses chômeurs. Cette accusation, régulièrement reprise par la droite, est vrai dans le sens où le plafond de l'allocation maximale est l'un des plus élevés d'Europe: 6760 euros bruts par mois, soit 6.161,29 euros net. Toutefois, seuls 1600 personnes sont dans cette situation, soit 0,07% des bénéficiaires de l'assurance chômage, pour un coût représentant 0,42% des dépenses totales. 99% des chômeurs indemnisés touchent moins de 3900 euros par mois, 95% moins de 2100 euros et 50% moins de 1000 euros.

Le trou des intermittents du spectacles

Les intermittents du spectacle sont la cible régulière de la Cour des Comptes qui pointe la dérive financière de leur régime. De fait, ils sont peu nombreux - 89.000 personnes, soit 3,7% des allocataires - mais ils creusent le déficit de l'assurance chômage de plus d'un milliard d'euros par an. En 2011, le total de leurs cotisations s'est élevé à 242 millions, pour 1,27 milliard d'euros d'allocations versées. Les intermittents sont en majorité des hommes (68,6%), particulièrement concentrés sur la région parisienne (49,3% contre 17,5% pour l'ensemble des allocataires).

Par Emilie Lévêque

A LIRE AUSSI :

>> Etude de l'Unédic : Qui sont les allocataires indemnisés par l’Assurance chômage ? | UNEDIC | Publié le 30 avril 2013



Documents Format PDF

[Infographie] Les allocataires de l'Assurance chômage en chiffres - PDF - 1.87 Mo

[Communiqué de presse] Qui sont les allocataires indemnisés par l’Assurance chômage ? - PDF - 259.59 Ko




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