Chômage : quand le bâtiment va mal...

Le secteur du BTP annonce des chiffres inquiétants. Il pèse sur la croissance française et sur l'emploi.

Quand le bâtiment va, tout va... Hélas, les statistiques publiées mercredi 25 juin par la Fédération française du bâtiment (FFB) ne sont pas bonnes. Le nombre de mises en chantier a reculé de 14% sur un an. Les permis de construire ? Il y en a eu 22,2% de moins durant les cinq premiers mois de l'année que les cinq premiers mois de 2013. De quoi remplir un peu plus Pôle emploi.

La faute à la crise ? Certes, mais aussi aux élections municipales, avant lesquelles les marchés publics ont été mis entre parenthèses quelques mois. La faute aussi aux remèdes : la baisse des dépenses publiques se traduit par une plus grande sélection des investissements dans les collectivités locales.

La réduction des dotations de l’Etat programmée à l’horizon 2017 par le gouvernement se traduirait, dans le pire des scénarii, par une réduction de sept à huit milliards d’euros d’investissement dans le BTP", fait valoir Jacques Chanut, Président de la FFB.

Un frein pour la croissance française. "L’activité du bâtiment constitue dès à présent un frein à la croissance et pourrait se transformer en véritable boulet", affirme la FFB. La panne dans le BTP coûtera cette année 0,4 point de croissance à la France, confirme Laurent Clavel, économiste à l'Insee. De quoi inquiéter en plus haut lieu.

A Bercy, les voyants rouges clignotent. L'institut national de statistique anticipe désormais une croissance du PIB de 0,7% cette année, contre 1% prévu par le gouvernement. De quoi perturber les projets de budgets du gouvernement, qui sont entièrement calibrés sur ces hypothèses de croissance.

Un frein pour l'inversion de la courbe

Compte-tenu de la volatilité des statistiques mensuelles, la courbe du chômage pourrait s'inverser plusieurs fois en 2014, avaient prévenu le ministère du Travail. Mais les économistes avaient aussi évité de donner de faux-espoirs. "On devrait voir le chômage progresser encore l'année prochaine", disait en décembre dernier Eric Heyer, économiste à l'OFCE. En cause ? Le manque de croissance, justement, qui serait plombée par les choix budgétaires du gouvernement.

Du côté des entreprises du bâtiment, le nombre de défaillance est en hausse et le nombre de créations en baisse. L'emploi continue de reculer, avec 16.300 postes en moins dans le secteur entre mars 2013 et mars 2014. C'est pourquoi il y a quelques semaines, le ministre des Finances Michel Sapin évoquait en aparté une série de mesures pour relancer l'investissement dans la pierre. Manuel Valls les a annoncées mercredi matin. Seront-elles suffisantes ?

Donald Hebert






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