Des emplois non pourvus ? "C’est normal"

LE POINT DE VUE DE - Alors que le chômage bat des records, nombre d'offres d'emploi ne trouvent pas preneurs.

Graal brandi tant par Nicolas Sarkozy que par François Hollande, les emplois vacants sont présentés comme une solution au chômage. Pourtant, ce dernier est reparti à la hausse au mois d’avril, selon les chiffres publiés par la Dares mercredi et s’établit à 3.364.100. Dans le même temps, le nombre d’offres collectées par Pôle emploi a augmenté de 6,4% par rapport au mois de mars. Comment analyser ce paradoxe ? Explications avec Bertrand Martinot, économiste et ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy.


Des centaines de milliers d'emplois toujours... par Europe1fr

Les emplois non pourvus ? "C’est normal". "Il y a des emplois vacants dans l’économie et c’est normal", commence par analyser Bertrand Martinot. Chaque année, l’économie française produit 21 millions d’embauches, hors intérim. "18 millions de CDD et 3 millions de CDI", détaille Bertrand Martinot. A cela s’ajoute les 20 millions recrutement en intérim. Ce dynamisme se traduit par un flux constant de gens qui entrent et sortent du marché de l’emploi. Inévitablement, entre le moment où une personne quitte un travail avant d’être repris par un nouvel employeur, il va y avoir un temps, plus ou moins long. Une partie du chômage se résorbe donc dans le temps. "Si Europe 1 propose un poste d’assistant et qu’il faut cinq jours pour trouver la personne, un emploi est vacant", assure l’économiste.

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Mais cela ne doit pas cacher les problèmes du marché du travail. Au final, environ 200.000 postes sous pourvus sous trois mois et 100.000 ne trouvent jamais preneurs. Preuve qu’entreprises et chômeurs ont parfois du mal à se trouver. A ce titre, un tiers des entreprises disent avoir des difficultés de recrutement. Certains secteurs, comme "le métal, la santé, l’informatique, les conducteurs d’engins", sont particulièrement touchés précise Bertrand Martinot. L’économiste voit trois raisons à ces problèmes : l’attractivité, l’intérêt et la formation.

- Premier cas. Certains métiers n’attirent pas les personnes à la recherche d’un emploi cela peut être un salaire insuffisant ou des horaires atypiques. "Mais aussi un problème d’image", assure l’économiste.

- Deuxième cas. Des problèmes géographiques peuvent se poser, comme le temps de transport pour se rendre sur le lieu de travail ou la nécessité de trouver un nouveau logement : "les métiers saisonniers recherchent mais les gens sont rationnels et hésitent à déménager pour un mois", raisonne Bertrand Martinot.

- Troisième cas. Le manque de centre de formation et la complexité du financement de ces dernières. « Le millefeuille territorial fait qu’il est difficile de savoir qui finance quoi : Pôle emploi, région, branches professionnelles… Ca fait des délais entre l’entrée en formation, la sortie et l’embauche", constate l’économiste. Toutefois cela ne doit pas cacher le problème numéro 1 de l’économie française : "un manque de création d’emplois".

Alexis Toulon



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