Chômage : une indemnisation allongée ralentirait le retour à l'emploi

Allonger la durée de l'Assurance chômage ralentit le retour à l'emploi sans améliorer la qualité de l'emploi retrouvé, affirme une étude de l'Institut des politiques publiques obtenue mercredi par l'AFP.

Une enquête, la première menée en France selon l'Institut, évalue les effets tant potentiellement négatifs d'une allocation de chômage plus généreuse (dépréciation des compétences, baisse des efforts pour rechercher un emploi) que positifs (incitation à n'accepter que des emplois stables ou bien payés).

Confirmant des observations menées dans d'autres pays, cette étude apporte des arguments aux partisans du retour à une indemnisation dégressive, alors que les règles d'indemnisation des chômeurs doivent être renégociées par le patronat et les syndicats en septembre.

L'enquête conclut en effet à une diminution de 28 % du taux de sortie du chômage lorsque la durée d'indemnisation est de 15 mois au lieu de 7 mois. Cet impact équivaut à deux mois et demi de plus de chômage.

Sur le niveau de salaire et la durée du nouvel emploi retrouvé, les écarts ne sont pas significatifs.

Menée par Thomas Le Barbanchon, chercheur au Centre de recherche en économie et statistique (Crest), cette évaluation analyse les parcours, entre 2000 et 2002, de deux groupes de demandeurs d'emplois: les premiers pouvant prétendre à une indemnisation jusqu'à 7 mois, les autres pouvant l'être jusqu'à 15 mois.

A l'époque, les règles prévoyaient des durées différentes selon que le chômeur avait travaillé plus ou moins de 8 mois au cours des 12 mois précédent.

La comparaison a été restreinte à 3 837 parcours de chômeurs aux caractéristiques individuelles proches et ayant travaillé antérieurement pendant un temps quasi similaire (7 à 9 mois).





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