3000 chômeurs de plus !

C’est le résultat brut de la raclée reçue par le P.S. lors des dernières élections municipales (source JDD). Ces nouveaux chômeurs travaillaient pour les Mairies et les communautés d’agglomération perdues et s’inscrivent actuellement à Pôle emploi.

Résultat brut, bien sûr, car ces postes de cabinet, de la haute administration territoriale (les postes fonctionnels) ou bien les postes de chargés de missions des collectivités tenues par d’anciens édiles socialistes sont déjà ou vont être prochainement pourvu par des candidats qui possèdent la bonne carte, à savoir UMP, UDI ou FN.

C’est la règle, à l’image du système en place aux Etats Unis (le Spoil system), avec toutefois une ampleur moins marquée en France.

Les risques du métier

Vivre dans l’ombre des grands hommes (plus rarement des grandes femmes, vous aurez remarqué), comporte donc des risques pour son emploi, surtout lorsque l’alternance est très marquée comme cela a été le cas au mois de mars.

Bon, on ne va pas tout de même pas s’affoler pour le devenir de ces collaborateurs d’élus. Accepter ces fonctions éminemment politiques, c’est aussi accepter le risque de la précarité.

Précarité dorée, tout de même, car on imagine bien que ces collaborateurs n’émargent pas dans les bas salaires de la Fonction Publique Territoriale et sont plutôt dans le haut du tableau des rémunérations des collectivités, contrepartie du risque d’instabilité. Notons par ailleurs que beaucoup d’entre eux, (parmi les plus diplômés), disposent d’un carnet d’adresses qui leur permettra de trouver un point de chute soit dans une autre collectivité soit dans une entreprise privée avec laquelle ils auront eu des relations professionnelles pendant leur activité.

3000, un nombre qui interroge !

Bien sûr il y a eu pas mal de changement lors des dernières municipales mais pour ne considérer que les communes de plus de 10000 habitants qui sont concernées par ces emplois, toutes n’ont pas été soumises à alternance.

Quel est donc le vrai nombre des ces contractuels et chargés de missions pour ne parler que de ceux-là, sans parler des directeurs généraux des services et leurs adjoints qui dirigent les administrations qui ont un statut à part ? La loi plafonne leur nombre en fonction de la taille de la collectivité, mais elle est plus large s’agissant du recrutement discrétionnaire de chargés de missions contractuels qui pourront, le cas échéant piloter des services sans l’obligation de neutralité qui s’impose aux fonctionnaires territoriaux ou mener à bien des projets qui marqueront le mandat de l’élu (grand stade, musée etc…) et favoriseront sa réélection.

Car c’est ainsi, les collectivités territoriales sont des administrations mais aussi des organes politiques et le système français bâti sur la carrière politique et le cumul de mandats nécessite de plus en plus de collaborateurs de cabinets et de chargés de missions payés sur les deniers publics, c'est-à-dire nos impôts. On peut regretter ce système qui met à mal la démocratie locale au profit d’une aristocratie locale de plus en plus déconnectée des réalités du terrain.

Un lobby influent

Ces collaborateurs, quel que soit leur statut, n’ont aucun intérêt à ce que la réforme des collectivités territoriales annoncée par le Gouvernement aille à son terme : il en va de leur avenir professionnel, voire politique étant entendu que certain d’entre eux, issus des partis politiques se destinent à prendre la relève et donc à perpétuer le système.

De leur côté, les élus eux-mêmes n’ont aucun intérêt à voir disparaître une collectivité (le Département) et à voir diminuer le nombre de régions par deux.

Les élus et les collaborateurs de cabinet font donc cause commune sur ce dossier pour en refuser les conséquences.

Attendons-nous à apprendre que cette réforme sera considérablement adoucie pour préserver les intérêts des élus, de leurs collaborateurs et des partis politiques, ce qui leur fait déjà dire que cette réforme n’entraînera que très peu d’économies financières, comme si la citoyenneté n’était que secondaire dans ce débat.


Michel DROUET



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