Les chômeurs anglais de longue durée devront pointer tous les jours

Pour continuer à toucher leurs allocations, les chômeurs britanniques depuis plus de trois ans devront se rendre tous les jours à leur agence pour l'emploi ou faire du bénévolat pendant six mois.

Commencer sa journée en pointant. Un geste que font de nombreux salariés mais qui devient obligatoire pour les chômeurs britanniques de longue durée. Ils devront désormais se déplacer pour signer chaque jour le registre de leur “job center”, l'équivalent anglais de Pôle emploi. Les chômeurs peuvent aussi choisir de faire du bénévolat pendant six mois, à raison de 30 heures par semaine. Ceux qui ne se plieront pas à l'une ou l'autre de ces obligations verront leurs allocations suspendues.

Le plan, intitulé «Help to work» (De l'aide pour un emploi), est censé encourager les chômeurs à trouver un travail. 600.000 offres d'emploi ne seraient pas pourvues dans le pays. Il faut donc encourager les 200.000 chômeurs depuis plus de trois ans, à accepter ces offres, pense le ministre du Travail anglais, Iain Duncan Smith. La Grande-Bretagne connaît un des taux de chômage les plus bas de son histoire, «mais nous devons nous occuper de ceux qui persistent à vivre des allocations», a expliqué le premier ministre David Cameron. «Ce plan procurera plus d'aide qu'auparavant aux chômeurs, en les remettant au travail», a-t-il assuré.

Le gouvernement britannique espère en effet qu'une majorité de chômeurs choisira le bénévolat. Mais les associations caritatives ne l'entendent pas ainsi. Une trentaine d'entre elles, dont Oxfam, ont déjà annoncé qu'elles boycottaient l'opération et demandent que «le volontariat reste volontaire». «Il y aura d'autres organisations qui se proposeront», a assuré le ministère du Travail. 70 auraient déjà signé un accord avec le gouvernement, selon la BBC.

Mais le principe même du travail sans salaire est remis en cause. Les syndicats appellent ainsi au boycott et parlent de «travail forcé». «Si vous écoutez les propos des députés, le but n'est pas d'aider les gens à trouver un emploi. Ils ne parlent que de les sortir de l'assistanat», déplore Robert Jones, un ancien chômeur. Pour lui, ce recours au travail gratuit des chômeurs risque également de détruire des emplois. Et donc d'aggraver le problème du chômage outre-Manche.


 Isabelle Raynaud



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