Smic jeunes : «Mieux vaut un jeune moins bien payé qu'un jeune à Pôle Emploi!»

VOS RÉACTIONS - La France doit-elle affronter le chômage des jeunes en déverrouillant le smic ? La proposition de Pierre Gattaz a fait abondamment réagir nos internautes.

Faut-il en finir avec le smic? Après la proposition de Pascal Lamy, le 2 avril, de créer des petits boulots payés en-dessous du salaire minimum, le président du Medef Pierre Gattaz a enfoncé le clou ce mardi. Mais sa proposition de payer des jeunes de façon transitoire en-dessous du minimum des 1445 euros bruts a suscité plusieurs centaines de commentaires de nos internautes, séduits … ou révoltés.

«Les jeunes avec qui je bosse ont de petits appartements, chers et en mauvais état, ils sautent des repas et ont souvent besoin d'avances sur leurs salaires pour acheter l'essence leur permettant d'aller au travail, raconte keufran. Si l'on baisse leur salaire, ils n'auraient plus les moyens de faire 60 à 80 km par jour en voiture. Quand on sait le travail qu'on leur demande, c'est la honte.» Attention à l'effet d'aubaine, prévient Theophraste: «Ce qui serait présenté comme un ”coup de pouce” finira par concerner la moitié des salariés! Un piège mortel pour l'emploi...», s'inquiète-t-il.

Beaucoup d'internautes vent debout contre cette mesure estiment par ailleurs qu'elle n'est pas la bonne réponse au problème du chômage. Ainsi, Toto tata 19 juge-t-il que «le vrai problème ce n'est pas le niveau du SMIC, mais le manque de formation diplômante des chômeurs». Avant de poursuivre: «Malheureusement, avec juste un bac en entreprise, tu n'apportes pas grand-chose à part la force de tes bras, et dans ce cas tu rentres en concurrence frontale avec les ouvriers chinois, tout aussi peu formés, ou même avec les robots qui au final reviennent moins cher à l'entreprise.» Même s'il est opposé au smic-jeunes, Jean Baptiste Emmanuel Zörg veut souligner l'urgence qu'il y a à réformer - autrement - le travail: «Cette initiative creuserait davantage le fossé des classes. Nous sommes un des pays aux charges sociales les plus élevées au monde: ce n'est pas le salaire net de l'employé qu'il faut baisser, mais les charges pour entretenir un vieux mammouth mourant qui pèsent sur cette rémunération.»

«Un smic-jeune permettrait à l'employeur d'apprendre au débutant à travailler»

Parmi nos internautes tentés par l'idée de Pierre Gattaz, l'argument du «c'est toujours mieux que rien» prévaut. L'internaute alain versaci veut voir - avec une pointe d'exagération - dans le rejet de cette idée une mentalité très française: «Il est vrai que dans ce pays, on préfère avoir des jeunes payés par les contribuables que de leur donner un travail… Travailler, c'est sale, et puis dès qu'on a le bac on doit gagner 3.000 € minimum sinon rien!» Même constat chez Versingétorix, pour qui un smic-jeunes permettrait en plus «à l'employeur d'apprendre au débutant à travailler. Et mieux vaut un jeune moins bien payé au travail qu'à traîner dans la rue ou pointer à Pôle Emploi...» Un avis que ne contredira pas l'internaute baldag, pour qui «proportionnellement au rendement de notre économie, le smic est assez élevé (...) Lorsqu'on débute, on peut coûter plus d'argent à l'entreprise qu'on ne lui en rapporte. Même avec un diplôme, on a alors deux choses à acquérir: la maîtrise du métier appris et les savoir-faire et usages internes de notre entreprise...»

Enfin, réagissant à un tweet ironique selon lequel «les salaires en-dessous du smic existent déjà, on les appelle des stages», l'internaute Calmons-nous relativise: «Oui mais, pour en avoir employé une douzaine dans le cadre de leur cursus universitaire, j'en ai embauché quatre par la suite. Et ils travaillent toujours dans la société.»

FIGARO VOX - VOX ECONOMIE - Maxime Bellec



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