Chômage : l'Insee prévoit une stabilisation au moins jusqu'à l'été

Lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Michel Sapin, le nouveau ministre du Travail François Rebsamen a affirmé jeudi que les réformes menées jusqu'ici «vont porter leurs fruits» pour lutter contre le chômage. «Si nous avons la certitude de réussir à terme, nous te le devrons», a-t-il lancé à son prédécesseur.

Or, ce jeudi les prévisions de l'Insee sont moins pessimistes que celles présentées en décembre dernier. La croissance est quant à elle «dans une phase de reprise» mais reste «modeste» et le pouvoir d'achat se redresse.

Le nombre de chômeurs ne devrait pas augmenter. Le taux de chômage devrait rester stable au premier semestre 2014 à 9,8% (10,2% avec l'Outre-mer), après une légère baisse à la fin de l'année dernière, selon des prévisions publiées jeudi par l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Ces prévisions, qui ne vont pas au-delà de l'horizon de juin, sont moins pessimistes que celles avancée en décembre 2013. L'Institut de la statistique tablait alors sur une légère reprise de la hausse du chômage au 2e trimestre 2014, après une stabilisation au premier.

Une légère inversion de la fameuse courbe. L'Insee, qui mesure le chômage selon les normes du Bureau international du travail (BIT), souligne que le chômage «est quasi stable depuis fin 2012, après une hausse d'un point entre mi-2011 et fin 2012». Il avait même légèrement baissé (-0,1 point) au quatrième semestre 2013, faisant dire au gouvernement que l'engagement de François Hollande «d'inverser la courbe du chômage» à la fin de l'année dernière avait été respecté.

Une stabilisation due en partie aux emplois d'avenir. A l'opposé, le deuxième «thermomètre» du chômage, celui des inscrits à Pôle emploi, a continué à grimper : 3,34 millions de demandeurs d'emploi sans activité étaient recensés fin février, un record.

Selon l'Insee, le taux de chômage serait stabilisé jusqu'à l'été grâce à des créations d'emplois (53.000), notamment dans le secteur non-marchand, soutenu par les emplois aidés classiques et les emplois d'avenir, destinés aux jeunes pas ou peu diplômés.

Les effets du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. Au premier semestre 2014, l'emploi marchand progresserait quant à lui légèrement, «encore pénalisé par la faiblesse de l'activité passée, mais soutenu par l'effet du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE)», souligne l'Insee.

Alors que l'Insee estime que seuls 4.000 postes seront créés dans le secteur marchand, cœur de l'économie, le CICE permettrait à lui seul d'en sauver 30.000. «Sans le CICE, on serait en négatif», relève ainsi Laurent Clavel, chef de la synthèse conjoncturelle à l'Insee, qui estime que «dans cinq ans, quand l'effet sera maximal, environ 300.000 emplois pourraient être créés» grâce à ce dispositif.


Croissance «modeste» au premier semestre

La croissance devrait être de 0,1% au premier trimestre 2014 puis de 0,3% au deuxième trimestre, selon les prévisions de l'Insee dans sa note de conjoncture à l'horizon de juin 2014, diffusée jeudi soir. «Pour nous clairement la France est dans une phase de reprise car nous avons eu de très bons trimestres en 2013 avec une croissance de 0,6% au deuxième et de 0,3% au quatrième, mais il n'y a pas d'accélération», a déclaré jeudi le chef du département de la conjoncture de l'Insee Cédric Audenis.

Le pouvoir d'achat se redresse

Le pouvoir d'achat des ménages, après avoir fortement décru en 2012 (-0,9%), s'est redressé en 2013 (+0,3%) principalement «grâce à la décélération des prix à la consommation». Au premier semestre le pouvoir d'achat devrait se redresser, gagnant 1,0% au premier trimestre puis 0,1% sur les trois mois suivants. L'Insee prévoit une hausse de 0,6% entre mi-2013 et mi-2014..









Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir