La hausse du chômage en toile de fond des municipales

C'est avec l'image d'un pouvoir incapable de contrôler la hausse du chômage que les électeurs français vont se rendre dans quelques semaines aux urnes, à l'occasion des élections municipales.

Inversion, saison deux. Ils l'ont ratée en 2013, ils la retentent en 2014. Après la publication mercredi d'une nouvelle hausse du chômage en janvier, le gouvernement a désormais renvoyé à la fin de l'année l'objectif de François Hollande de réussir à «inverser la courbe». «Toute la politique gouvernementale est axée sur un objectif simple et compréhensible pour tous, à la fin de l'année il faudra qu'il y ait moins de chômeurs», a assuré mercredi le ministre du Travail, Michel Sapin.

Mais il y a tout de même cette année une différence de taille avec 2013 puisque, contrairement à l'année dernière, 2014 sera une année électorale marquée par deux scrutins principaux: les élections municipales en mars et les européennes en mai. Or avant le premier tour des municipales, il n'y aura pas d'autre publication des chiffres du chômage. Donc pas d'autre chance pour le gouvernement d'afficher une baisse éventuelle. Et c'est donc avec l'image d'un pouvoir incapable de contrôler la hausse du chômage que les électeurs se rendront aux urnes.

Boîte à outils incomplète

Pire pour les électeurs socialistes, c'est désormais sur les chefs d'entreprise que comptent François Hollande et Michel Sapin pour faire reculer le chômage. À l'évidence, la «boîte à outils» du chef de l'État n'était pas complète. Car si l'éventail d'emplois aidés déployés par le gouvernement pour endiguer la hausse du chômage a produit ses effets sur les jeunes, le niveau reste dramatiquement élevé pour les seniors. «Il faut que le deuxième moteur de l'emploi, c'est-à-dire celui de la croissance dans les entreprises, dans l'économie, s'allume, notamment grâce au pacte de responsabilité», a plaidé Michel Sapin. Le problème, c'est justement que plus d'un mois après son annonce, ce pacte n'a toujours pas avancé d'un pouce.

Entre les réticences du Medef, celles des syndicats de salariés et celles exprimées au sein de sa majorité, chez les Verts, et jusque dans son propre camp socialiste, le président de la République ne parvient pas à se frayer un chemin. Autant de freins à la baisse durable du chômage. «Tant que ça ne recule pas, c'est que ça ne va pas», a d'ailleurs reconnu Michel Sapin.

La nouvelle hausse de janvier vient en tout cas affaiblir un peu plus le chef de l'État. «Après avoir promis l'inversion de la courbe du chômage en 2013, François Hollande a décrédibilisé la parole publique», a déploré la secrétaire générale adjointe de l'UMP, Camille Bedin. Dans le même parti, Marie-Anne Montchamp estime que c'est désormais «la responsabilité du gouvernement devant les Français qui est engagée». Bref, à 25 jours des municipales, l'échec de François Hollande redonne de la voix à l'opposition.

François-Xavier Bourmaud



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