Le confort de l’assurance chômage

Je ne nie pas le désarroi profond où se trouvent nombre de chômeurs. Il est bien sûr nécessaire que la collectivité nationale se mobilise pour leur venir en aide. Toutefois, je compte dans mon entourage un certain nombre de personnes qui profitent allègrement du système d’indemnisation. Exemples…

Mon ami Pierre s’est retrouvé au chômage à 54 ans. Après avoir exploré quelques pistes, il a vite compris qu’il pouvait s’offrir trois années sans souci et il a alors cessé toute recherche. Quelques attestations d’entretien de complaisance lui ont permis de contenter Pôle Emploi lorsqu’il était sollicité. Trois ans plus tard, c’est la fin de la récréation : il s’aperçoit, comme bon nombre d’amis le lui avaient prédit, que ses trois années d’inactivité sont un obstacle quasi insurmontable pour remettre le pied à l’étrier à 57 ans. Il va devoir tenir 5 ans sans revenu personnel jusqu’à la retraite. Notre généreux système d’indemnisation l’a engourdi dans un confort trompeur. Son épouse travaille, heureusement…

Melissa, une jeune femme de 32 ans, n’accepte que des CDD. Elle alterne avec des périodes de chômage qu’elle optimise, cherchant du travail quand elle voit s’approcher la fin des allocations. Plusieurs mois de vacances chaque année, le calcul n’est peut-être pas si mauvais !

Maria, la quarantaine, a insisté avec succès auprès de son employeur pour qu’il lui accorde une rupture conventionnelle. C’est mieux qu’une démission car la rupture conventionnelle ouvre « droit » au chômage. Maria a envie de prendre du temps pour elle et de chercher un autre job plus tard.

Caroline, infirmière parisienne, a suivi son mari muté en province. Elle avoue : « je n’ai pas intérêt à retravailler tout de suite. Compte tenu des écarts de salaire, je toucherais moins qu’avec le chômage… »

J’ai découvert qu’un jeune qui effectue une formation en alternance se retrouve à avoir « droit » au chômage dès la fin de ses études. Certains choisissent alors de commencer leur vie active par un congé sabbatique ou, tout au moins, de prendre tout leur temps pour trouver un job. J’ai même connu des petits malins qui partaient travailler à l’étranger et continuaient à percevoir les allocations chômage en France. Quelques mois de gratte aux frais de la collectivité, sans grand risque…

Je ne généralise pas même si je connais d’autres exemples autour de moi. Je sais que le chômage est un drame pour beaucoup de nos concitoyens mais on peut s’interroger malgré tout sur la manière de mettre fin à ces abus.

Edmond



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