Assurance-chômage : le ton monte sur les intermittents

Une cinquantaine d’intermittents occupent depuis le début d’après-midi le hall du ministère de la Culture. Aurélie Filippetti a rappelé «son attachement » à leur régime, que le Medef propose de supprimer dans le cadre de la négociation sur l’assurance-chômage.

Le ton est monté ce jeudi sur le dossier des intermittents. Au lendemain des propositions chocs du Medef , qui dans le cadre de la négociation en cours sur l’assurance-chômage souhaite notamment la suppression de leur régime. Le représentant de la CGT, Eric Aubin, est même allé jusqu’à déchirer le texte patronal devant les caméras, à son arrivée au siège du Medef où se tenait cette troisième séance de négociation. Depuis le très médiatique conflit des intermittents en 2003, qui avait vu l’annulation de nombreux festivals estivaux, les partenaires sociaux se sont gardés d’ouvrir cette boîte de Pandore.

>> Pour en savoir plus : DOSSIER Assurance-chômage : vers de nouvelles règles


« C’est une provocation », a ainsi estimé Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle. Mercredi, le syndicat a appelé à une assemblée générale ce jeudi, à la veille des Victoires de la musique, « pour organiser la nécessaire mobilisation ».

« Une provocation »

Une cinquantaine d’intermittents occupent d’ailleurs depuis le début d’après-midi le hall du ministère de la Culture pour défendre leur statut, réclamant une intervention de la ministre de la Culture. Celle-ci n'a pas tardé. « Je réaffirme mon attachement et l’attachement du gouvernement, avec le ministre du Travail Michel Sapin, au régime d’assurance chômage des intermittents », a déclaré dans l'après-midi Aurélie Filippetti, à l’AFP. Les propositions du Medef sont « une provocation », a-t-elle estimé. La ministre s’est dite « extrêmement vigilante et attachée à un régime d’assurance chômage des intermittents qui permette justement de répondre à l’extrême précarité de ces professionnels ».

Ce matin, Jean-Marc Ayrault avait accusé le patronat de jouer au « casse-cou » . Le Premier ministre a « déconseillé au Medef de persévérer dans son erreur » sur les intermittents.

La CFDT et FO ont également accusé le patronat de vouloir faire du « buzz » avec le dossier des intermittents. La représentante de la CFDT Véronique Descacq a fermé la porte à toute négociation sur ce sujet « qui ne fait pas partie de la négociation ». « On ne veut pas en parler », a-t-elle insisté. « Il est hors de question que l’on touche à la question des intermittents », a renchéri son collègue de FO Stéphane Lardy, qui s’est toutefois démarqué du geste de la CGT. « Moi, je suis quelqu’un de poli, d’écologique, je ne jette pas le papier par terre ! », a-t-il ironisé. Mais il a aussi jugé l’autre proposition patronale de modulation des allocations chômage en fonction de la conjoncture « tout à fait absurde ».




Écrit par Derek PERROTTE 
Journaliste
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir