Assurance-chômage: les partenaires sociaux ouvrent les négociations

Patronat et syndicats vont commencer à se pencher vendredi sur le sort des 2,2 millions de chômeurs indemnisés par l’Unédic dont ils vont renégocier les droits, au moment où le chômage flirte en France avec des niveaux record.

Les partenaires sociaux, qui doivent également examiner le montant des cotisations versées par les employeurs et les salariés pour financer le régime, ont moins de trois mois pour définir ces nouvelles règles du jeu: signée en 2011, l’actuelle «convention» de l’Unédic (l’organisme qui gère l’assurance chômage) prend fin le 31 mars.

Mais la séance d’ouverture vendredi matin au siège du Medef devrait être rapide, consacrée pour l’essentiel au calendrier et à la méthode. Les négociateurs du Medef, de la CGPME et de l’UPA, côté patronal, et de la CGT, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et FO, côté syndical, devraient attendre les semaines suivantes pour entrer dans le vif du sujet.

Cet exercice difficile, auquel s’attèlent tous les deux ou trois ans les partenaires sociaux, copilotes de l’Unédic, a plus que jamais des allures de quadrature du cercle.

D’un côté, un chômage proche de son record historique, avec 3,29 millions de chômeurs sans activité inscrits à Pôle Emploi et 2,24 millions de demandeurs d’emploi indemnisés par l’Unédic. Celui-ci prévoit encore 63.200 demandeurs d’emploi sans activité de plus cette année.

De l’autre, des comptes en rouge vif: le déficit de l’Unédic pour 2013 atteindra 4 milliards d’euros et la dette 17,8 mds. Fin 2014, à réglementation inchangée, le déficit grimperait à 4,3 mds, la dette à 22,1 mds, un record.

Simplifier les règles illisibles

Les choses «ne peuvent rester en l’état», a prévenu la CGPME. Mais les positions semblent difficilement conciliables. Car le Medef voudrait s’attaquer au déficit et à la dette et, comme la CGPME, il souhaite que les règles d’indemnisation «incitent» plus les chômeurs à reprendre un emploi. Mais il refuse toute augmentation des cotisations versées par les salariés et les patrons.

Côté syndical, nul ne veut entendre parler en période de chômage massif d’une baisse de l’indemnisation des chômeurs. «Il faut assumer collectivement» le déficit, en attendant des jours meilleurs, plaide la CFDT.

Le gouvernement, même s’il n’est pas partie prenante dans ces négociations, a fait savoir qu’il était du même avis. «Ce n’est pas à un moment de chômage élevé qu’il faut réduire les droits des chômeurs», a insisté mardi François Hollande.

Le dossier très sensible du régime spécial des intermittents du spectacle, accusé régulièrement d’être trop généreux et de gréver les comptes de l’Unédic, sera aussi sur la table. Mais depuis le conflit des intermittents en 2003, les partenaires sociaux ont prudemment opté pour le statu quo et les règles d’indemnisation n’ont quasiment pas évolué. Les «périodes d’élections ne sont pas propices aux grandes réformes», note un négociateur, en référence aux municipales de mars.

Les partenaires sociaux pourraient ainsi être tentés de reconduire pour partie la convention existante et de concentrer leurs efforts sur deux sujets: la simplification des règles d’indemnisation parfois illisibles, notamment pour les demandeurs d’emploi cumulant petits boulots et allocation chômage. Et la mise en oeuvre des «droits rechargeables» dont le principe a été acté par les partenaires sociaux début 2013.

Ils doivent permettre aux chômeurs qui retrouvent un emploi sans avoir épuisé la totalité de leurs droits de les conserver, au moins en partie, et de les cumuler avec leurs nouveaux droits s’ils retombent au chômage.





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