Et Hollande adressa ses vœux aux 3 293 000 chômeurs...

Traditionnellement, le 31 décembre à 20h, le chef de l'Etat souhaite bonne année aux Français. Voilà ce qu'il pourrait dire. Il ne le dira sans doute pas.

Chômeuses, chômeurs,

Vous avez été, selon les derniers chiffres, 17 800 à vous inscrire à Pôle Emploi. Je comprends que vous ne soyez pas tous très heureux de votre nouvelle situation. Mais au moins vous n’êtes pas seuls. Car vous venez de rejoindre une très grande famille, qui, avec vous compte désormais 3 293 000 personnes. Or en ces jours d'hiver, où il fait froid et gris, rien n'est plus désespérant que la solitude. Celle-ci, voyez-vous, vous est épargnée.

Chômeuses, chômeurs. Je peux comprendre votre situation et y compatir. Certains d'entre vous, poussés par des agitateurs subversifs, me font même des reproches. Je leur pardonne. Mais j'ai des choses graves à vous dire. De plusieurs régions de France je sens se lever un vent mauvais. L'inquiétude gagne les esprits, le doute s'empare des âmes. L’autorité de mon gouvernement est discutée, les ordres sont souvent mal exécutés. Dans une atmosphère de faux bruits et d'intrigues, les forces de redressement se découragent. Ressaisissez-vous ! (*)

Chômeuses chômeurs. Beaucoup d'entre vous qui sont allés à l'école du temps de la droite ne sont pas rompus aux subtilités de la langue française. De cela ils ne peuvent être tenus pour responsables. Les coupables sont à chercher parmi les dirigeants de l'Ancien Régime qui les ont volontairement tenus dans l'ignorance. Ainsi la méconnaissance de la langue de Ronsard, Boileau et Voltaire leur a fait mal comprendre mon engagement solennel d'inverser la courbe du chômage. Ils ont peut-être pensé que cela voulait dire réduction du chômage. Erreur, funeste erreur ! Il s'agissait seulement de faire en sorte que le chômage augmente moins vite que précédemment. Je n'ai pas failli à cette mission et je la poursuivrai avec obstination et ténacité en 2014.

Chômeuses, chômeurs. Les temps sont difficiles. Et la planète va mal. Mais dans ce monde tourmenté la France que je dirige reste un îlot de paix et de tranquillité. On tue en Syrie. Voudriez-vous vivre là-bas ? On assassine en Centrafrique. Aimeriez-vous y habiter ? On égorge en République démocratique du Congo. Souhaiteriez-vous demeurer dans ce pays ? En France rien de tel. Chez nous les agences Pôle Emploi sont à votre disposition avec des agents dévoués dont j'ai d'ailleurs augmenté le nombre.

Chômeuses, chômeurs. D’importantes échéances électorales nous attendent. Il dépend de vous – et de vous seuls – qu'elles renforcent ma capacité à bien mener la tâche herculéenne qui est la mienne. N'écoutez pas les prophètes de malheur, qu'ils soient rouges ou bruns, dont la spécialité est le dénigrement. Leur seul objectif est d'affaiblir la France et de m’empêcher de m'occuper de la courbe du chômage dans le sens que je viens de vous expliquer.

Chômeuses, chômeurs. L'année qui vient doit s'ouvrir sous le signe de l'effort et de l'espoir. Et où trouver plus d'espoir que dans les pensées fortes et généreuses d'un homme injustement oublié de nos jours : Jean-Pierre Raffarin ? C'est lui qui est l'auteur de cette belle phrase que je vous invite à méditer : "Notre route est droite mais la pente est forte". Après lui, et en m'en inspirant, j'ai envie de dire : "Notre route est courbe mais la pente est faible". C'est lui aussi – et c'est encore plus beau – qui a dit : "Les jeunes sont destinés à devenir des adultes". Après lui, et toujours en m'en inspirant je vous dis : "Les chômeurs sont destinés à retrouver du travail".

* Ce passage est fidèlement inspiré d'un célèbre discours du Maréchal Pétain prononcé le 12 août 1941.

  Benoît Rayski

 





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