Plus de 15.000 emplois détruits en France au troisième trimestre

En un an, plus de 132.000 postes ont disparus dans le secteur privé. Le gouvernement compte sur les contrats aidés pour inverser la courbe du chômage.

L'emploi continue de reculer en France. 15.600 postes ont été perdus dans le secteur marchand au troisième trimestre, selon des statistiques de l'Insee publiées ce mercredi. Ce résultat n'est pas très différent de la première estimation, publiée le 14 novembre (17.000 postes détruits). En un an, pas moins de 132.500 postes ont disparu en France. Les entreprises privées n'emploient plus que 15,8 millions de personnes. Soit le même nombre que… début 2005. On est loin du pic à 16,4 millions de personnes employées, atteint au premier trimestre 2008, à la veille de la crise.

L'industrie a continué de souffrir au troisième trimestre (14.600 postes en moins). Depuis 2001, ce secteur n'a connu qu'un seul trimestre dans le vert. La construction est aussi à la peine (6700 postes en moins de juin à septembre), alors que pendant des années ce secteur a été un gros pourvoyeur d'emplois.

Amélioration dans l'intérim

Il existe toutefois quelques lueurs d'espoir. Les effectifs d'intérimaires ont augmenté de 5000 postes au troisième trimestre. Or l'intérim est considéré comme un indicateur avancé du marché du travail, les entreprises commençant à embaucher sous ce type de contrat aux premiers signes de reprise, avant de recruter ensuite en CDD longs ou en CDI. Par ailleurs, le secteur des services, hors intérim, a lui aussi cessé de détruire des emplois au troisième trimestre. Grâce à ces deux facteurs, les destructions de postes dans l'ensemble du secteur marchand ont été moins vive au troisième trimestre (15.600) qu'au deuxième (37.700).

Cette méforme de l'emploi privé n'est pas incompatible avec l'inversion de la courbe du chômage en fin d'année. Car pour atteindre son objectif, le gouvernement compte recourir aux contrats aidés, principalement utilisés dans le secteur public (État, hôpitaux, collectivités locales). En revanche, le chômage ne pourra pas durablement reculer en 2014 si les entreprises ne se remettent pas à créer des emplois. Sceptiques sur ce point, les économistes de l'OCDE estiment que le taux de chômage culminera en France à 10,8 % en 2014.

Hausse des salaires

Par ailleurs, au troisième trimestre, le salaire moyen a augmenté de 0,3 %, d'après les données de l'Acoss (l'agence centrale des organismes de sécurité sociale) publiées ce mercredi. Sur un an, la hausse est de 1,8 %, supérieure à l'inflation (0,9 %).

Cécile Crouzel



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