Regarder la situation de l’emploi avec lucidité

Chômage : une baisse sectorielle qui cache une hausse générale

S’il apparaît possible de « limiter » la hausse du chômage dans la catégorie A des demandeurs d’emploi et faire baisser le chômage des jeunes de moins de 25 ans c’est à coup d’emplois aidés. Quant aux catégories B et C elles continuent de pointer en grand nombre à Pôle emploi avec 40 000 inscrits supplémentaires en septembre 2013.

ANI : Multiplications des plans sociaux

Il serait d’ailleurs surprenant de voir le chômage baisser alors que depuis un an ce ne sont pas moins de 1 087 plans sociaux qui se suivent. Les patrons n’ont pas perdu une seconde pour utiliser à plein régime les flexibilités offertes par la loi du 14 juin 2013 adoptée, hélas, par notre gouvernement transposant l’ANI de janvier. Loin d’inverser la courbe du chômage cet accord national interprofessionnel est devenu générateur de précarité et de chômage.

Les emplois à temps partiels explosent !

Le Monde daté du 22 novembre titrait en UNE « Explosion du nombre de CDD courts de moins d’un mois ». En effet, selon les données corrigées publiées le 21 novembre par le ministère du travail, au premier trimestre, plus de 83 % des recrutements dans les entreprises de plus de dix salariés ont été faits en CDD. Pour l’Urssaf, qui prend en compte l’ensemble des entreprises, ce sont même plus de 86 % des contrats signés actuellement qui sont en CDD. Un record absolu depuis 2000 ! Ce sont désormais 4,2 millions de salariés qui sont à temps partiels, 18,6 % des salariés, soit trois fois plus qu’au début des années 1970. Cet ANI sensé lutter contre la précarité et la sécuriser l’emploi tourne à un vrai fiasco. On nous a menti, on nous a trompés !

Pour inverser la courbe du chômage faire confiance aux salariés pas au Medef

Il faut établir un « quota maximum » de 5 % de CDD et intérim dans chaque entreprise. Le dernier rapport du CESE sur le temps partiel met en garde contre l’explosion des temps partiels et propose aux politiques publiques de les encadrer. La promesse d’une loi contre les licenciements abusifs et boursiers n’est toujours tenue. En dépit de l’ANI, du CICE, de la BPI, il n’y a pas de redressement productif car le TUCP (taux d’utilisation des capacités productives) est délibérément maintenu bas par les employeurs et leurs actionnaires à 70 %. D’autant que la consommation des ménages stagne ou baisse faute de pouvoir d’achat. Ils Employeurs et actionnaires préfèrent produire moins pour gagner plus alimentant massivement le chômage de masse. Le MEDEF y a intérêt pas les salariés.

À gauche pour inverser la courbe du chômage

Une bonne politique de gauche doit rompre avec l’austérité, celle de faire 15 milliards d’économies jusqu’à 2017. Cela signifie un quinquennat d’économies et de privations. Loin des promesses de campagne : deux ans d’effort et trois de redistribution. Chaque euro utilisé à rembourser la dette, c’est chaque euro qui manque à l’investissement public, à la relance, à l’emploi et qui nous maintient dans la crise.
Les contrats aidés, contrats de génération et emplois d’avenir sont des pansements bienvenus mais ils ne remédient pas au chômage de masse qui touche 5 millions de personnes. On ne peut lutter contre le chômage de masse sans engager une réduction du temps de travail vers les 32 heures hebdomadaires, sans perte de salaire. Le partage du travail est incontournable pour inverser la courbe du chômage durablement avec des emplois nombreux et de qualité. Travailler moins, mieux, TOUS pour gagner plus TOUS !

AFP


Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir