Les emplois aidés dans le public ne permettent pas de décrocher un CDI

Une étude du ministère du Travail montre que plus de la moitié des personnes ayant occupé un contrat aidé dans l'administration ou les associations sont au chômage six mois après la fin de leur expérience.

Alors que le gouvernement mise sur les contrats aidés pour inverser la courbe du chômage en fin d'année, une étude du ministère du Travail pointe la relative inefficacité de ces dispositifs. Et ce notamment lorsqu'ils sont utilisés dans une administration ou une association. Ainsi, 61% des personnes ayant achevé en 2011 un contrat aidé en entreprise occupent, six mois après, un emploi durable (CDI ou CDD de plus de six mois). Et ce le plus souvent dans la même société. «Seulement» 26% d'entre eux sont au chômage (les autres étant en contrats courts ou en formation).

En revanche, plus de la moitié des personnes ayant occupé un emploi aidé dans le public ou dans des associations sont, elles, au chômage six mois après la fin de leur expérience. Et à peine 27% occupent un emploi stable. Ces chanceux travaillent alors dans l'administration. Très peu (moins d'un quart de ces 27%) sont passés en entreprise. Bref, effectuer un emploi aidé dans le secteur public ou une association n'aide pas à s'insérer dans le monde du travail classique…

Deux points peuvent nuancer ce bilan fort médiocre de l'emploi aidé dans le public. D'abord, les administrations et les associations embauchent en contrat aidé les personnes les plus en difficultés. Les entreprises prennent, elles, «le haut du panier». Ensuite, le secteur public fournit un effort bien plus important: près de 270.000 personnes ont achevé en 2011 un contrat aidé dans le secteur non marchand (public et associations), contre 70 000 dans les entreprises.

Absence de formation

Alors que les contrats aidés doivent normalement être accompagnés d'une formation, cette obligation passe souvent à la trappe. Seulement 33% des personnes sortant de contrats aidés de 2011 ont suivi une formation. Seule consolation: c'est un peu mieux qu'en 2010 (28%). Les défaillances de l'accompagnement sont également frappantes. Un quart des personnes en contrat aidé en entreprise ont eu un tuteur au sein de la société, contre 42% de ceux ayant été dans le secteur non marchand. Et encore plus désolant, à peine 14% des personnes sortant d'un contrat aidé en entreprise en 2011, et 29% de celles venant du secteur non marchand, ont été suivis attentivement par une personne référente à Pôle Emploi

Et pourtant, le gouvernement a prévu de subventionner près de 500.000 emplois aidés en 2014 (dont 150.000 emplois d'avenir pour les jeunes décrocheurs). Coût pour les finances publiques: 3,3 milliards d'euros.


 Cécile Crouzel



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