L'Assemblée vote un coup de pouce aux maisons de l'emploi et missions locales:

Les députés ont voté jeudi soir une rallonge aux maisons de l'emploi et, contre l'avis du gouvernement, aux missions locales, dans le cadre de la discussion sur le budget de l'emploi pour 2014.

Les 10 millions d'euros de crédits supplémentaires adoptés au bénéfice des missions locales doivent être prélevés sur le programme consacré aux contrats de génération, "dont la dotation budgétaire est manifestement surévaluée pour 2014", selon l'exposé de l'amendement socialiste adopté.

Les contrats de génération, une idée phare de François Hollande, sont en effet lents à décoller dans les entreprises de 50 à 300 salariés, ce que reconnaît le ministre du Travail.

Mais Michel Sapin a vainement plaidé qu'"un effort financier considérable" a déjà été réalisé en faveur des missions locales, qui agissent pour l'emploi des jeunes de 16 à 25 ans.

Outre les 180 millions d'euros de crédits prévus pour ces structures en 2014, une enveloppe de 45 millions d'euros leur est dédiée pour leur accompagnement du dispositif des emplois d'avenir, a rappelé le ministre.

Mais pour Jean-Patrick Gille, rapporteur (PS) pour avis de la commission des affaires sociales pour les crédits de l'emploi, "leur dotation est bloquée depuis plusieurs années". "L'emploi des jeunes est une priorité", a martelé le député d'Indre-et-Loire, lui-même président de l'union nationale des missions locales.

Un argument repris par l'UDI, qui s'est prononcée pour, en assurant que les jeunes sont "la priorité du gouvernement et de l'ensemble de cet hémicycle".

Les députés ont aussi voté une augmentation de 10 millions d'euros des crédits prévus pour les maisons de l'emploi, avec l'avis favorable du ministre. Alors qu'elles ont bénéficié en 2013 de près de 60 millions de crédits, ceux-ci s'élevaient à quelque 40 millions dans le projet de budget initial.

M. Sapin a souligné que les maisons de l'emploi, autres acteurs locaux du service public de l'emploi, pour certaines "marchent extrêmement bien", pour d'autres "n'apportent pas de plus-value". Il s'est cependant rallié à l'amendement du groupe socialiste, les 10 millions d'euros devant provenir des crédits de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). Les fonds "viendront appuyer les maisons de l'emploi mettant en place une GPEC territoriale", a-t-il précisé.

Par ailleurs, l'UMP a tenté de s'opposer, sans succès, à la suppression de l'indemnité compensatrice forfaitaire pour l'apprentissage, versée à toutes les entreprises et remplacée par une aide ciblée sur les entreprises de moins de onze salariés.

L'Assemblée a finalement voté l'ensemble des crédits de la mission travail et emploi, en hausse de 7% à 11,1 milliards d'euros, "pour répondre au grand défi de la bataille pour l'emploi", a fait valoir le ministre du Travail.

Outre des renforts à Pôle Emploi et une montée en puissance des contrats d'avenir, ces crédits financent un maintien à un niveau élevé des emplois aidés classiques. "Nous n'avons pas l'emploi aidé honteux", a lancé le socialiste Christophe Castaner.

Son groupe et celui des radicaux de gauche ont voté pour ces crédits, de même qu'EELV, malgré des réserves sur "les politiques du chiffre" menées ces dernières années.

L'UMP s'est prononcée contre ce budget "fébrile et vain", sans "aucune mesure structurelle" selon Véronique Louwagie, de même que l'UDI, qui y a vu "un budget de gestion manquant de vision".

Le Front de gauche s'est également opposé à ce qui reflète selon lui "une simple politique d'accompagnement du chômage". "On ne vide pas la mer avec une petite cueillière", selon sa porte-parole Jacqueline Fraysse.

AFP


 




Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir