Chômage : pas de bug, pas de chaud hourra !

Nous sommes près du but, se félicitait François Hollande à la mi-septembre, sitôt connus les chiffres du chômage pour le mois d’août. Mais cette fois, pour septembre, pas de quoi se réjouir : le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A a atteint un record à 3,3 millions ; Pôle emploi a enregistré le mois dernier 60 000 chômeurs de plus (+ 1,9 %). Cela n’a pas empêché le gouvernement de se féliciter… avec autant de clarté qu’Henri Krasucki essayant de prononcer correctement le chiffre de 1,118 million de francs, scène culte de tous les bêtisiers !

Pour le ministère du Travail, la hausse observée en septembre montre que le rythme de progression du chômage se ralentit avec 5 000 demandeurs d’emploi de plus en août et en septembre. Corrigée de ce bug, la progression du nombre d’inscrits à Pôle emploi est de 35 000 ! Qu’importent les méthodes utilisées, les Français croient-ils encore les chiffres du ministère du Travail ? Croient-ils davantage François Hollande qui leur promet depuis un an d’inverser la courbe du chômage avant le 31 décembre ? Vu la popularité du chef de l’État, non ! Les Français savent que ses incantations ne suffiront pas. Sauf à user de grosses ficelles tel un apprenti magicien ; François Hollande joue déjà à l’apprenti sorcier en laissant l’État se déliter.

Pour que le chômage recule, les entreprises doivent se remettre à embaucher ! Cette tautologie économique pour expliquer que la politique d’emplois subventionnés du gouvernement ne mène à rien. Les emplois d’avenir n’ont d’avenir que le nom. Créés dans des associations et des collectivités locales, comme les contrats aidés, ils ne font que reculer le problème du chômage, le temps des contrats.

Quelle image du travail le gouvernement espère-t-il ainsi donner aux jeunes ? Seuls les contrats de génération — signés dans le secteur marchand, le seul où se crée de la richesse — pourraient lui venir en aide. Mais voilà, à peine 11 500 ont été signés quand le ministère du Travail en espère sept fois plus d’ici mars 2014. Les chefs d’entreprise n’en veulent pas, car, disent-ils, « il n’y a pas d’activité ». Y en a-t-il plus dans les associations et les collectivités locales ?

Frédéric Paya



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