Pote-emploi.fr, le réseau solidaire pour trouver du boulot

Quand une génération hyper-connectée utilise les outils numériques qu'elle maîtrise pour développer la solidarité entre ses membres, cela donne une histoire pleine d'optimisme. Celle du site Internet Pote-emploi, "mon réseau pour chercher un boulot". Une histoire de jeunes d'horizons sociaux différents qui s'entraident pour trouver du travail.

Sur Pote-emploi.fr, il suffira de taper un nom de métier pour être mis en relation avec un étudiant ou un jeune professionnel engagé dans la même voie, qui conseillera le meilleur parcours, aidera à la rédaction d'une lettre de motivation ou d'un CV, à la préparation d'un entretien... Bref, fournira à des jeunes moins favorisés et moins diplômés le savoir-faire, les codes et surtout les réseaux qu'ils n'ont pas.

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Quatre cents volontaires de moins de 30 ans ont déjà cliqué sur "Je deviens pote" sur ce site lancé en avril, qui deviendra pleinement opérationnel en janvier 2014. Ces "parrains" acceptent ainsi d'offrir une heure de leur temps chaque mois à des congénères peu susceptibles de côtoyer un membre de la profession qui les fait rêver. Une sorte de "démocratisation du réseautage", espère Juliette Simon, 25 ans, fraîchement diplômée d'HEC, qui a contribué à la création de cette plate-forme solidaire.

Après avoir vécu six années au Chili et navigué dans bien des milieux, la jeune fille a gardé de la haute école de commerce à la française un "goût amer" : "C'était consanguin. On marinait dans un petit milieu dont je me disais que mes futurs collègues de boulot seraient aussi issus... Quels cloisonnements dans la société française !"

"MONTRER QUE C'EST POSSIBLE"

Dès le discours d'entrée, les élèves se voient expliquer que le réseau est le plus précieux apport de l'école. Une injustice à ses yeux. Comment font les autres ?

Son camarade de promotion Antoine Châtelain, membre de l'association étudiante Fleur de bitume, parraine alors des élèves de classe préparatoire du lycée Alfred-Kastler de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Dont le jeune Sofiane Mabouth, arrivé là un peu par hasard après un bac STG.

Pour lui qui n'avait jamais entendu parler de ces "prépas", l'histoire finit plutôt bien. Il a intégré l'Essec. Mais sa trajectoire le pousse à s'interroger, avec une poignée de camarades : comment donner l'information, le réseau, l'ambition aux camarades de leur quartier ?

Costume clair, cheveux ras, Sofiane Mabouth, dont le père travaille comme ouvrier chez Renault, et qui a grandi dans plusieurs quartiers "assez chauds" des Yvelines, est le premier de sa famille à faire des études. "Dans mon collège, quand quelqu'un disait qu'il voulait être juge, tout le monde rigolait. Avec le recul, je me demande pourquoi. Et si on n'avait pas rigolé, est-ce qu'il ne le serait pas devenu ? Il faut montrer que c'est possible. Fournir le modèle."

Pour cela, les jeunes de Cergy s'associent aux ex- d'HEC et créent Pote Emploi. "Ils ont donné sens à notre réflexion. On avait les chiffres, ils avaient les mots", résume Juliette Simon qui, depuis, a intégré l'incubateur social d'HEC pour développer le projet et négocié durant six mois avec Pôle emploi l'utilisation d'un nom bien proche – jusqu'à décrocher un partenariat.

Elle recherche désormais des financements auprès des fondations d'entreprise. Pour que vive cette initiative intra-générationnelle, un coup de pouce des aînés serait désormais le bienvenu.

Par Pascale Krémer

>> http://www.pote-emploi.fr/




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