Chômeurs inscrits à Pôle emploi: après le bug d'août, retour de balancier en vue

PARIS, 22 oct 2013 - Retour de balancier en vue pour le chômage: après la baisse gonflée par un bug au mois d'août, les chiffres des inscrits à Pôle emploi en septembre, attendus jeudi, seront mécaniquement alourdis et pourraient bien priver le gouvernement d'un deuxième mois de recul.

Les derniers chiffres avaient été spectaculaires: -50.000 chômeurs sans aucune activité (catégorie A), du jamais vu depuis 13 ans...

Mais au bout de quelques jours, Pôle emploi avait révélé qu'un problème chez son opérateur SFR avait amplifié les désinscriptions.

En l'occurrence, 186.000 demandeurs d'emploi inscrits en catégories A, B et C (sans activité ou avec une activité réduite) n'avaient pas été relancés par SMS pour "actualiser" leur situation.

Plus de la moitié s'étaient néanmoins réinscrits mais sans ce problème, la baisse aurait été "comprise entre 22.000 et 29.000" pour la catégorie A, ont calculé a posteriori Pôle emploi et les services statistiques du ministère du Travail (Dares).

Ce "dysfonctionnement" avait entraîné la fureur du ministre du Travail, Michel Sapin, en jetant le doute sur le principal "thermomètre" du chômage, que le président promet depuis un an d'inverser d'ici la fin d'année.

Le bug d'août a fini par occulter la première baisse du nombre d'inscrits depuis mai 2011. Il empoisonnera encore en septembre la statistique, en entraînant un regain d'entrées sur les listes.

"On peut anticiper qu'une partie des demandeurs d'emploi qui n'ont pas actualisé leur situation en août du fait de l'absence de relance se seront réinscrits en septembre. En conséquence, le dysfonctionnement des relances en août devrait affecter à la hausse l'évolution du nombre de demandeurs d'emploi entre fin août et fin septembre 2013", explique la Dares à l'AFP.

Mais cela "ne préjuge pas de l'ampleur de cet effet, ni, a fortiori, de l'évolution des statistiques sur le nombre de demandeurs d'emploi qui seront publiées jeudi", précise la Direction statistique du ministère.

Dans l'entourage de Michel Sapin, on s'attend à ce qu'"une partie des chiffres soit artificiellement gonflée". Au point d'entraîner une nouvelle hausse des inscrits'

Le bug, "vraiment pas de chance pour le gouvernement"

Au vu des "marges d'écarts très faibles", c'est plus que probable, selon Eric Heyer, directeur adjoint à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

D'autant que le point de comparaison reste celui de la dernière publication officielle (3,23 millions de demandeurs d'emplois sans activité en métropole) et ne tient pas compte de l'impact du "dysfonctionnement" des messages de relance.

"Les sorties des listes pour "cessations d'inscription" vont revenir à leur niveau habituel mais il devrait y avoir beaucoup de réinscriptions et donc au final une petite augmentation", pronostique l'économiste.

Ce qui s'est passé, estime Eric Heyer, "n'est vraiment pas de chance pour le gouvernement: le recul du mois d'août est dans l'opinion de tout le monde une fausse baisse et la vraie baisse qu'on aurait pu attendre au mois de septembre risque de se traduire par une légère hausse".

Selon lui, "il y avait une possibilité non négligeable que le chômage baisse au mois de septembre vu le nombre d'emplois aidés en cours".

Le gouvernement "met tellement le paquet" sur les emplois aidés - classiques ou emplois d'avenir pour les jeunes non qualifiés (plus de 70.000 signés depuis novembre 2012) - qu'il "peut arriver à faire baisser pendant quelques mois le nombre de demandeurs d'emploi".

La "perfusion" est nécessaire mais "transitoire", prévient-il: "la tendance sur le moyen terme est plutôt à la hausse du chômage". "La vraie inversion de tendance" se produira selon lui "le jour où il y aura une croissance suffisamment importante pour que les entreprises créent plus d'emplois que l'augmentation de la population active", qui grossit de plus de 120.000 personnes par an.

Par AFP



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