Moins d'un chômeur sur cinq bénéficie du système actuel de formation.

Un rapport de l'Igas fustige la complexité et l'inefficacité du système actuel de formation des chômeurs.

Complexe, illisible, insuffisant et pas toujours efficace : c'est un tableau particulièrement critique du système actuel de formation des chômeurs que dresse l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), dans un rapport remis la semaine dernière. Avec, au final, le sentiment que, des deux côtés du guichet, les conseillers Pôle emploi comme les chômeurs sont perdus face à la « multiplicité des acteurs » et « la complexité des critères et des modalités d'accès au financement ». Les financements croisés (régions, Pôle emploi, Opca, Etat, etc.) alimentent ce flou général et entraînent des « procédures lourdes occasionnant des délais décourageants ». Autre écueil : même une fois traversé ce parcours d'obstacles, les chômeurs en formation se retrouvent trop « livrés à eux-mêmes », sans aide structurée à la transition vers l'emploi. Sans oublier que, faute de contrôle assez structuré, la qualité des formations laisse parfois à désirer…

Simplifier les formalités

Ce constat qualitatif se double d'un bilan quantitatif tout aussi sombre. Les insuffisances de l'outil statistique entretiennent un certain flou, mais le rapport estime que le taux généralement avancé dans le discours public de 20 % de chômeurs bénéficiant d'une formation « surestime largement la réalité ». Pour comparaison, chaque année, environ un salarié sur deux bénéficie d'une formation.

Le rapport dresse une trentaine de recommandations dont pourront s'inspirer les partenaires sociaux dans leurs négociations, puis l'exécutif dans la loi qui suivra. L'Igas recommande d'abord de « clarifier les rôles » en confiant aux seules régions les achats collectifs de formation et à Pôle emploi la gestion des dispositifs de financement des formations individuelles. Parallèlement, une « simplification » des formalités administratives et des systèmes d'aide et de rémunération des chômeurs en formation est fortement suggérée.

Pour passer la vitesse supérieure, l'Igas préconise d'aborder la question de la formation « dès l'inscription » à Pôle emploi et de « soutenir tout projet de formation » sollicité par le chômeur dès lors qu'il renvoie à un stage « conventionné » et permette « de monter, à terme, d'un niveau de qualification ». Côté financement, le rapport pousse à augmenter la contribution des entreprises - via le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) - « en période d'accroissement conséquent du nombre de demandeurs d'emploi ».

Le rapport n'épargne pas non plus le gouvernement. Alors que ce dernier a lancé cet été la formation de 30.000 chômeurs à des emplois vacants, l'Igas remet en cause la pertinence de cette approche : « Le bénéfice à attendre d'une formation doit être envisagé de façon plus globale que le retour à l'emploi à court terme sur des offres d'emplois temporairement non pourvus », car l' « enjeu est en réalité celui du maintien de leur employabilité et de la sécurisation sur le long terme de leurs parcours ».

Écrit par Derek PERROTTE

A LIRE AUSSI :

>> Rapport de l'Igas : Evaluation partenariale de la politique de formation professionnelle des demandeurs d'emploi | Format PDF | 1,14 Mo

>> Formation professionnelle : l'exécutif veut une « réforme en profondeur » | Le Figaro.fr | 24/09/2013






Commentaires   

 
0 #1 Lectou Guy 24-09-2013 20:29
il serait temps de réformer ce système... Des milliards collectés qui servent à financer le régime paritaire, c'est à dire les syndicats de salariés et patronaux. Et les chômeurs là-dedans que leurs restent-ils pour la formation ?
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