Donia et Benjamin appellent à s’indigner

Sans travail, ces deux jeunes ont manifesté devant Pôle emploi hier. Et comptent renouveler l’opération plusieurs jours.

C’est un slogan qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes à travers toute l’Europe. En le reprenant, Donia Amadec et Sébastien Leconte veulent surtout sensibiliser la population du Bergeracois. « Indignez-vous », peut-on lire sur leur pancarte, posée devant eux.

Ces deux jeunes gens, âgés respectivement de 25 et 33 ans, se sont assis, hier matin, devant l’entrée de Pôle emploi, à Bergerac. Ce matin, ils devaient y retourner. C’est en tout cas ce qu’ils prévoyaient hier soir. Le but de leur action est d’exprimer leur ras-le-bol. « Nous revendiquons juste un emploi décent pour avoir un avenir, assure Donia. Nous passons de CDD à sans emploi. Notre temps libre, on l’occupe à chercher du travail. »

Aujourd’hui, le couple vit du revenu de solidarité active (RSA). Ils touchent, à eux deux, 900 euros. Une somme qui diminue vite une fois le loyer et les autres charges payés.

« Nous en avons marre de cette précarité. On ne demande qu’à travailler, nous débordons d’énergie », plaide encore la jeune femme. Avec son compagnon, elle ne manque pas de fustiger Pole emploi, ou encore la Mission locale de Bergerac. « On nous propose des formations qui n’aboutissent à rien. Pôle emploi ne nous rappelle pas et nous laisse dans la nature », regrette Donia.

Un jour sans fin

Par leur action, les deux Bergeracois espèrent attirer l’attention et mobiliser d’autres personnes à leur cause. « Nous voulons, dans les jours à venir, constituer un groupe de réflexion pour trouver des solutions », annonce Benjamin Leconte. Qui dit être en contact avec d’autres personnes, auteurs d’actions similaires ailleurs en France. « Il faut nous écouter, martèle Donia. Nous nous insurgeons contre cette situation qui est de plus en plus invivable. » Benjamin poursuit : « Si nous n’étions pas deux, nous n’arriverions pas à vivre. C’est comme un jour sans fin pour nous. »

Hier, plusieurs demandeurs d’emploi se sont montrés solidaires de leur action. Mais les deux « indignés » n’ont pas vu de responsables de la structure.

Bergerac | emploi | Antoine tinel


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