Le chômage a atteint son plus bas niveau depuis 2009, les radiations de Pôle emploi en cause ?

Le taux de chômage a légèrement reculé au deuxième trimestre pour s'établir à 8,5% de la population active en France entière (hors Mayotte), poursuivant sa tendance à la baisse, selon les chiffres publiés par l'Insee mercredi. Le durcissement des conditions d'inscriptions en cause ?

Selon les chiffres de l'Insee, le chômage est en recul de 0,2 point au deuxième trimestre pour s'établir à 8,5% de la population active en France entière (hors Mayotte), poursuivant sa tendance à la baisse.

Il s'agit d'un plus bas niveau depuis début 2009, souligne l'Insee, comme au trimestre précédent. Actuellement, la France compte 2,52 millions de chômeurs, soit 66.000 chômeurs de moins sur le trimestre.

En France métropolitaine, par tranche d'âge, le taux de chômage des 15-24 ans diminue de 0,6 pt à 18,6%, soit un recul de 1,5 point sur un an. Celui des plus de 50 ans est en baisse de 0,2 pt à 6,1% (-0,2 sur un an). Les 25- 49 ans enregistrent aussi une baisse de 0,2 point à 7,5%.

Après avoir nettement baissé au 1er trimestre, le "halo autour du chômage" est néanmoins en forte hausse au 2ème trimestre. Ces personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont pas comptabilisées parce qu'elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement ont vu leur nombre augmenter de 63.000. Ce halo concerne environ 1,5 million de personnes.

Des conditions d'inscription fortement durcies

Le chiffre pourrait faire rêver certains, à première vue, mais une baisse du nombre d'inscrits à pôle emploi ne signifie pas forcément une baisse du nombre de chômage. Car, depuis le 5 septembre 2018, la "Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel", entrée en vigueur en décembre, durcie fortement les conditions d'inscription à Pôle emploi. De plus, la réforme de l'assurance-chômage présentée en juin, et appliquée à partir du 1er novembre 2019, va aussi durcir les règles.

Selon un article de Check news, la baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégories ABC en enregistrée au 4e trimestre 2018 était déjà liée à la hausse des «cessations d’inscription pour défaut d’actualisation» (+6200, +2,8%) et à la baisse des entrées à Pôle emploi (-14 500 inscrits, -2,7%).

Le renforcement des contrôles

Le renforcement des contrôles, jugés abusifs par certains syndicats tels que la CG, facilite les radiations pour des motifs multiples :

1) Le non-respect des rendez-vous entraîne une radiation

Si un demandeur d'emploi ne vient pas à son rendez-vous à Pôle Emploi prévu avec son conseiller, il encourt un mois de radiation. Pour deux rendez-vous manqués, ce sera deux mois de radiation et quatre mois de radiation en cas de trois manquements.

2) Plus d'allocation après deux refus d'offre emploi

L'allocation sera supprimée - et non suspendue - dès le premier manquement à la recherche d'emploi : donc en l'état si le chômeur refuse deux offres dites "raisonnables" d'emploi, il ne bénéficiera plus du tout de l'allocation. Elle sera coupée. Et le côté "raisonnable" ne concernera plus les offres qui entraînent une baisse de salaire par rapport au précédent.

3) Un suivi grâce à un "journal de bord numérique"

Pour bien suivre sa recherche d'emploi, le chômeur devra remplir un "journal de bord numérique" qui devra être mis à jour tous les mois pour prouver qu'il est actif dans sa recherche. Ce "journal" sera mis en expérimentation dans quelques régions mi-2019.

4) Le contrôle et les sanctions dévolus uniquement à Pôle Emploi

Auparavant seule la direction régionale du ministère du Travail avait la compétence pour supprimer ou suspendre les indemnisations chômage. Selon Les Echos, c'est Pôle Emploi qui récupère ces prérogatives et qui décidera seul les contrôles des chômeurs et les sanctions qui en découlent.


DIANE JANEL


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