Les intentions d’embauche des entreprises en forte hausse en 2019

INFOGRAPHIE - Les employeurs s’attendent toutefois à d’importantes difficultés de recrutement, selon Pôle emploi.

La croissance économique a beau ralentir, les employeurs restent confiants sur le terrain de l’emploi. Ils anticipent en effet 2,69 millions de projets d’embauche pour 2019. Un chiffre en hausse de 14,8 % par rapport à l’année précédente, ce qui correspond à près de 350.000 projets de recrutement supplémentaires, selon la nouvelle enquête annuelle sur les «Besoins en main-d’œuvre des entreprises» publiée par Pôle emploi jeudi. Attendue, cette enquête a été menée entre octobre et décembre 2018 et s’appuie sur les réponses de 436.000 entreprises.

Ces bonnes perspectives sont d’autant plus encourageantes que «deux tiers des projets de recrutements correspondent à une hausse de l’activité et non pas à un remplacement de personnel», s’est réjoui le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères.

Autre aspect positif notable: deux projets de recrutement sur trois concernent des emplois durables, dont 45 % de CDI et 20 % de CDD de plus de six mois. Mais ce n’est finalement pas surprenant dans la mesure où la plupart des employeurs ne déclarent pas leurs projets lorsqu’il s’agit de contrats de courte durée, précise-t-on à Pôle emploi.


"Bon nombre d’employeurs (76 %) s’attendent à recevoir des candidatures qui ne collent pas à leurs attentes"


Dans le détail, ces intentions d’embauche sont en hausse dans toutes les régions et concernent tous les secteurs d’activité avec, en tête de liste, les services aux personnes et entreprises puis le commerce, l’agriculture et l’industrie. Quant aux secteurs les plus dynamiques, «ce qui nous a frappés, ce sont les fortes intentions d’embauche dans la construction», en hausse de 26 % par rapport à l’an dernier, a insisté le directeur général.

Parmi les métiers les plus recherchés par les employeurs, on trouve les viticulteurs saisonniers, les agents d’entretien de locaux, les serveurs de café et de restauration, les conducteurs routiers ainsi que les ingénieurs et cadres d’étude.

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Mais voilà, les entreprises savent très bien qu’elles ne vont pas trouver chaussures à leurs pieds si facilement pour concrétiser tous ces projets de recrutement, en raison de fortes tensions sur le marché du travail.

Cette année, les employeurs anticipent à nouveau de fortes difficultés pour recruter: cette situation devrait concerner 50,1 % des projets contre 44,4 % en 2018 et 37,5 % en 2017. Ce phénomène, qui n’est pas nouveau mais qui prend de plus en plus d’ampleur depuis la reprise économique, vise en particulier les métiers de carrossiers automobiles, de couvreurs, d’aides à domicile et d’aides ménagères, de mécaniciens et d’électriciens de véhicules, de plombiers et chauffagistes ou encore de médecins.


Les causes sont multiples. Bon nombre d’employeurs (76 %) s’attendent à recevoir des candidatures qui ne collent pas à leurs attentes. Et ce, en raison d’une inadéquation des compétences, mais aussi d’un manque d’expérience ou de motivation des individus. Les autres freins à l’embauche mentionnés incluent les conditions de travail défavorables - comme la pénibilité de l’emploi et les faibles rémunérations -, les difficultés de d’accès au lieu de travail ainsi que le déficit d’image de certains emplois à pourvoir.

Ces problèmes de recrutement ne mènent pas systématiquement à un abandon du poste à pourvoir. «Le plus souvent, le recrutement a lieu, mais il peut prendre plus de temps ou l’employeur peut revoir ses attentes», conclut Pôle emploi.




Manon Malhère