Faut-il renforcer le contrôle des chômeurs ?

L’Institut Xerfi revient sur la question de l’emploi en France en recevant Anne Fretel, chercheuse associée à l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires) et maître de conférences à Lille, afin d’évoquer plus spécifiquement, et en détails, le contrôle des chômeurs français…

Alors que le niveau du chômage en France demeure élevé et que sa durée moyenne ne cesse de croître, le président Macron souhaite réformer. Mais faut-il renforcer le contrôle des chômeurs au risque de les considérer comme des tricheurs ? Et cette surveillance peut-elle véritablement suffire à convaincre les chômeurs de retrouver rapidement un emploi ? Pour tenter de répondre, Xerfi a interrogé le professeur Anne Fretel de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), qui estime que “cette idée du contrôle des chômeurs s’inscrit dans une tentative d’explication des causes du chômage et ce, à l’appui des théories économiques dominantes selon lesquelles une partie importante du chômage que l’on constate serait en fait liée à des comportements de maximisation de la part des chômeurs qui, en permanence, compareraient les ressources qu’ils peuvent retirer en allant travailler de celles dont ils peuvent bénéficier sans emploi grâce aux minimas sociaux et aux assurances-chômages”.

Une partie du chômage s’expliquerait donc par ces comportement opportunistes que l’OCDE et même la Commission européenne poussent à combattre, notamment à travers le soutien à des politiques visant à renforcer les sanctions et le contrôle de la recherche d’emploi. Dans cette optique, le gouvernement d’Edouard Philippe a renforcé le cadre législatif existant en France, via la loi “Avenir professionnel”, grâce à quatre articles principaux que nous rappelle Anne Fretel : “le premier modifie ainsi l’offre raisonnable d’emploi en imposant que, désormais, c’est dès le premier refus d’une telle offre que l’on pourra être radié des listes de Pôle emploi, contre deux refus auparavant” ; “les sanctions sont également beaucoup plus rapides et fortes” ; “il y a aussi une augmentation des équipes dédiées” ; “enfin, il y a la mise en place d’un journal de bord sur lequel le chômeur devra inscrire toutes les démarches qu’il a pu effectué le mois précédent…”.

Pour en savoir davantage sur l’efficacité de ces mesures et sur la réalité du monde du travail, retrouvez en vidéo l’analyse complète d’Anne Fretel, pour Xerfi, ci-dessus.

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ANNE FRETEL