Chômage : avancée pour les frontaliers

Une bonne surprise. Le parlement européen souhaite que les travailleurs frontaliers au chômage aient le libre choix pour le versement de leur allocation. Soit par leur pays de résidence, soit par celui où ils étaient en activité.

Une lueur d’espoir. Lors de sa séance plénière du 11 décembre, le parlement européen a suivi l’avis du député Guillaume Balas, rapporteur. Il a voté en faveur du libre choix pour le versement de l’allocation-chômage. Les frontaliers pourraient décider d’être indemnisés soit par leur pays de résidence, la France, soit par celui où ils étaient en activité. Une bonne surprise pour les comités de défense des travailleurs frontaliers de Moselle et du Luxembourg. Depuis près de deux ans, ils luttent pour qu’une proposition de la commission européenne ne voit pas le jour. Elle préconise que l’allocation-chômage ne soit plus versée par la France, mais par le pays où le frontalier était en activité. Le Grand-Duché pour beaucoup d’entre eux.

Inégalités

Pour le comité mosellan présidé par Arsène Schmitt, ce changement entraînerait de nombreuses inégalités. Les frontaliers au chômage seraient confrontés à la barrière de la langue. Ils devraient parcourir des dizaines de kilomètres pour se rendre à l’agence pour l’emploi luxembourgeoise.

« En cas de litige, il faudrait saisir les tribunaux étrangers. Les reconversions professionnelles seraient quasiment impossibles », s’indigne, Arsène Schmitt, le président.

Les personnes âgées en fin de carrière seraient confrontées à de lourdes difficultés financières, « vu la disparité des régimes de retraites. 62 ans pour la France, 65 voire 67 pour l’Allemagne ».

Un premier pas

Le combat n’est pas gagné pour autant. « Le parlement européen n’est pas un organe décisionnel. » Des négociations débuteront le 15 janvier au sein du trilogue composé de la commission européenne, du conseil européen et du parlement européen. « Ce dernier, qui représente le peuple doit être entendu et respecté », poursuit le président, qui espère que le vote sera ratifié. « Les avis étaient partagés au sein du parlement, mais le libre choix a finalement été décidé à la majorité. C’est un premier pas. » L’association ne lâchera rien. Elle a demandé à rencontrer le conseiller du Premier ministre Franck Morel, avant le 15 janvier.


A. K.