Allocations-chômage : les frontaliers manifesteront le 6 octobre

La rentrée s’annonce agitée. Le comité de défense des travailleurs frontaliers organise une grande manifestation le 6 octobre, à Sarreguemines. Il dénonce la réforme de l’allocation-chômage souhaitée par l’Europe.

Le comité de défense des travailleurs frontaliers de la Moselle appelle ses 12 000 adhérents à battre le pavé le samedi 6 octobre à Sarreguemines.

L’association bataille pour que la proposition de la Commission européenne ne voit pas le jour. L’allocation-chômage versée actuellement par le pays de résidence, la France, pourrait à l’avenir être assumée par celui où le frontalier était en activité. Le suivi également.

 « Que se passera-t-il en fin de droits ?, s’inquiète Arsène Schmitt, le président du comité. Comment se dérouleront les formations professionnelles ? Faudra-t-il se déplacer en Allemagne ? » pour s’inscrire et s’entretenir avec les conseillers de l’agence pour l’emploi dans une langue étrangère. « Tout reste flou. »

« Profiter de ce laps de temps pour protester »

Plusieurs états, le Luxembourg, l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche ont voté contre cette proposition. Mais le conseil européen Epsco (emploi, politique sociale, santé et consommateurs) l’a approuvée. « Il est fort probable que le parlement européen le ratifie, craint Arsène Schmitt. Si tel est le cas, la loi pourrait entrer en vigueur en juillet 2019 et être appliquée en 2020-2021. Il faut absolument profiter de ce laps de temps pour protester. »

L’association multiplie les rencontres. Auprès de la commission européenne, du ministère du travail et des affaires européennes, du ministère allemand des affaires sociales à Bonn… Et récemment, à Matignon, à Paris. Arsène Schmitt et son vice-président Patrick Griesbach, Philippe Manenti, président du Comité de défense et d’initiatives au Luxembourg, et le député Christophe Arend, ont été reçus par Franck Morel, conseiller du Premier ministre.

Une solution pour reprendre les droits

Le comité réclame qu’un accord soit conclu pour que la France reste compétente dans l’indemnisation et le suivi. Qu’à défaut, elle prenne le relais lorsque leurs droits sont épuisés. « Se posera alors la question du financement, le coût de la réglementation actuelle s’élevant à 600 M€ à la charge de l’Unédic a rappelé Franck Morel. Mais les frontaliers rapportent des milliards. Ils ne sont pas devenus travailleurs frontaliers par convenance, mais par nécessité. »

L’entrevue a été jugée positive. Le conseiller de Matignon souhaite qu’une solution soit trouvée afin que les droits soient repris. Il a assuré qu’il se rapprochera des ministères du travail et des affaires européennes. En attendant, le comité maintient la pression. Il donne rendez-vous au 6 octobre.


Aurélie KLEIN



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