Le big et le bang du chômage

Big bang des systèmes de formation professionnelle et de l’apprentissage. Réformes structurelles. Changement de paradigme voire modèle disruptif ! Le gouvernement, et plus particulièrement le ministère du Travail, ne craint pas les grands mots à défaut de grands remèdes. Sa réforme, la toute dernière, celle votée hier à l’Assemblée nationale, est censée révolutionner le monde de la formation professionnelle, de l’assurance chômage et de l’apprentissage. Donc lutter contre le chômage et faciliter l’accès au monde du travail à 5,6 millions de personnes inscrites à Pôle emploi. Ça fait du monde tout de même, 5,6 millions de personnes ! Voilà qui nous rappelle que la France est enfermée depuis plus de trente ans dans le chômage de masse et presque autant de vœux pieux de nos différents présidents. Des ordonnances, des réformes, des lois, des invectives de la droite à la gauche et vice-versa mais au final : RIEN. Ou plutôt si : 5,6 millions de personnes inscrites à Pôle emploi en cette mi-2018.

D’autant plus fou que le frein à la croissance d’aujourd’hui n’a rien à voir avec des carnets de commandes vides, mais le manque de salariés pour les honorer. Comme si un mur, genre double enceinte infranchissable, avait été construit entre « personnes à la recherche d’un emploi » et « entreprises à la recherche de salariés ». Pourtant, lorsqu’une entreprise hurle son désarroi, comme ce fut le cas dans nos colonnes avec l’entreprise Grandidier, des dizaines de CV ont atterri sur ses bureaux, des contrats ont été signés et les entretiens d’embauche se poursuivent. Lorsqu’un désespéré clame publiquement son envie de travailler, des offres lui sont aussitôt proposées. Point de chômeurs fainéants là-dedans ou d’entreprises sans conscience citoyenne. Plutôt un incroyable fossé entre l’offre et la demande, des métiers boudés et méconnus, des défiances mutuelles. Et pour ça, pas sûr qu’une réforme crée le big bang vendu.


Laurence SCHMITT



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