Indemnisation du chômage : les Français favorables à la réforme

EXCLUSIF - Selon un sondage OpinionWay et Comdata Group pour « Les Echos », seul le projet de moduler les allocations chômage en fonction de la conjoncture ne passe pas chez les Français.

La réforme de l'indemnisation du chômage , à laquelle s'attelle Emmanuel Macron en réunissant ce mardi matin les partenaires sociaux , ne fait pas de vagues dans l'opinion. Loin s'en faut. Selon un sondage réalisé par OpinionWay et Comdata Group pour « Les Echos » et Radio Classique, une nette majorité de Français approuve trois des quatre principales mesures du dispositif projeté par l'exécutif.

Ils sont ainsi un peu plus de trois sur quatre (77 %) à appuyer l'idée d'un contrôle renforcé pour s'assurer de la recherche active d'emploi des chômeurs. Et presque autant (76 %) soutiennent la création d'un bonus-malus sur les cotisations sociales payées par les entreprises en fonction de leurs nombres de CDD. L'abaissement des allocations au fil de l'allongement de la durée du chômage est moins populaire, mais là encore, l'opinion y est favorable (59 % des sondés).



A l'inverse, le principe consistant à faire varier les allocations au gré de la conjoncture, selon que le nombre de chômeurs baisse ou, au contraire, que le marché du travail se réduit, est largement désapprouvé. Seules 31 % des personnes interrogées le soutiennent. « Beaucoup de gens craignent que la couverture chômage ne fasse que baisser quelle que soit l'évolution du chômage , d'autant qu'ils ne pensent pas que la situation va s'améliorer », explique Bruno Jeanbart, le directeur général adjoint d'OpinionWay. Un deuxième facteur, selon lui, joue en défaveur de cette mesure dans l'opinion : l'« absence de pédagogie » pour en expliquer les effets.

Des partenaires sociaux mal-aimés

Ce vide est propre à susciter une certaine défiance dans l'opinion, un sentiment que celle-ci éprouve avec une rare intensité à l'égard des partenaires sociaux. Selon OpinionWay, la centrale la plus positivement perçue par les Français, à savoir la CFDT, ne l'est qu'avec seulement 38 % de bonnes opinions. Les derniers barreaux de l'échelle de sympathie sont respectivement occupés par la CGT (28 %) et le Medef (24 %).

« Les Français trouvent que les syndicats et les organisations patronales font trop de politique. Ils attendent une forme de syndicalisme plus concrète et plus proche du terrain », relève Bruno Jeanbart. Réputée modérée, la CFDT est très bien perçue par les sympathisants du PS (58 %) ou de La République En marche (57 %). La CGT, elle, bénéficie surtout d'une bonne opinion chez les proches de La France insoumise (79 %), à l'opposé de ceux de La République En marche (12 %) ou des Républicains (11 %), lesquels, à 53 %, jugent le Medef positivement.

Plutôt mal aimés, syndicats et organisations patronales ne doivent pas pour autant, dans l'esprit des Français, être écartés du dialogue social. Près des trois quarts (74 %) des personnes interrogées par OpininonWay approuvent leur participation à l'élaboration des réformes du système social.

Sondage réalisé les 11 et 12 juillet, par Internet, auprès d'un échantillon de 1.013 personnes, selon la méthode des quotas.


JOEL COSSARDEAUX


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