Comment les employeurs se servent d'Internet pour dénicher de nouvelles recrues

Selon la dernière étude du ministère du Travail, plus d'un employeur sur deux a recours à Internet dans son recrutement. Le site de Pôle emploi reste favori, mais est talonné par les agrégateurs d'offres d'emploi.

À l'heure où Facebook marche sur les plates-bandes des sites d'offres d'emploi, tout recruteur en quête du candidat rêvé se doit d'être présent sur Internet. En témoigne l'étude publiée ce mercredi par la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail, qui s'est penché sur la façon dont les employeurs utilisent le web pour dénicher leurs nouvelles recrues.

Le tableau que dresse ce rapport a le mérite d'être clair: les entreprises ont fait d'Internet leur premier allié dans la conquête de nouveaux talents. Les employeurs y recourent pour plus de la moitié de leurs recrutements de CDI ou de CDD de plus d'un mois. Dans un cas sur deux, ils laissent la magie d'Internet opérer, en se contentant de poster l'offre d'emploi en ligne, alors qu'ils font l'effort de parcourir les banques de CV dans seulement 15% des cas. Mais que les adeptes de ces «CVthèques» se rassurent, les cabinets de recrutement sont encore nombreux à les consulter.

Six annonces sur dix publiées sur Pôle emploi

Fort de la politique de modernisation que Pôle emploi mène depuis plusieurs années, son site reste le premier vers lequel les entreprises se tournent, au premier rang desquelles les établissements de l'administration publique, de l'enseignement et de la santé. Sur dix annonces publiées en ligne, six le sont sur ce portail. Loin derrière l'opérateur public, le site de l'Apec, dédié aux cadres, n'est exploité que dans 6% des embauches. Mais Pôle emploi est talonné par les agrégateurs d'annonces, qui ont fait florès ces dernières années. Indeed, Cadremploi (groupe Figaro), Meteojob, et depuis peu Leboncoin… Près d'un recrutement sur trois donne lieu à une annonce publiée sur ces plateformes.

Mais à quoi bon passer par un site d'annonces quand on peut disposer du sien? De fait, nombre de sociétés ont créé leur propre plateforme de recrutement sur leur site. La moitié des collaborateurs qu'elles embauchent a postulé à une annonce publiée sur leur portail. Cet outil reste toutefois l'apanage des grandes entreprises, qui profitent d'un trafic accru sur leur site.

L'industrie et le BTP, parents pauvres du recrutement en ligne

Reste que le rôle joué par Internet dans le recrutement varie selon les secteurs. Il ressort des chiffres de la Darès que les établissements de services aux entreprises, de l'administration et de la santé sont les premières à plébisciter cette pratique, tandis que l'industrie et la construction y recourent nettement moins. Résultat, les postes de cadres ou de professions intermédiaires arrivent en tête des postes recherchés via Internet par les recruteurs: ils en représentent respectivement 63% et 57%, contre 48% pour les ouvriers qualifiés.

Un tel panorama a de quoi préoccuper les 23% de Français ne naviguant pas -ou laborieusement- sur Internet. La conclusion de l'étude de la Darès se veut toutefois rassurante: les relations personnelles et les candidatures spontanées jouent encore une place de choix dans le recrutement.


Alexandre Berteau



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