Pénicaud prend des mesures pour aider les chômeurs de longue durée

Avec le programme «100% inclusion», le gouvernement poursuit le déploiement de son plan d'investissement dans les compétences (PIC) lancé à l'automne dernier et intégré au Grand Plan d'Investissement 2018-2022.

«Ne laisser personne sur le bord du chemin» alors que «la croissance repart» en France. C'est la mission que se donne la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui a lancé hier à Strasbourg un programme baptisé «100% inclusion». Ce programme spécifique, en partenariat avec les régions, s'inscrit dans le cadre, plus large, du plan d'investissement dans les compétences, (PIC) lancé à l'automne dernier et intégré au Grand Plan d'Investissement 2018-2022, et dont l'objectif est de former, d'ici à la fin du quinquennat, un million de jeunes sans emploi et sans formation, ainsi qu'un autre million de demandeurs d'emploi de longue durée peu qualifiés. Cette initiative, vise à soutenir tous les projets dont la vocation est de ramener les jeunes sans formation et les chômeurs de longue durée sur le chemin du travail. Pour le lancement de ce nouveau volet du plan, la ministre du Travail visitait l'entreprise d'insertion «Envie», spécialisée dans le recyclage d'appareils électroménagers.

Aujourd'hui, on estime à «500.000 le nombre de personnes démotivées par la recherche d'emploi, lassées des échecs successifs et qui ont baissé les bras», a-t-elle expliqué. «L'innovation sociale existe en France grâce à des pionniers qui se démènent sur le terrain. Nous allons les aider à amplifier leurs actions» avait-elle affirmé dans un entretien à La Croix .

«Un appel à projets»

Pour cela, le gouvernement lance «un appel à projets», «très ouvert dans la forme» à l'intention des associations, entreprises, organismes de formation, ou encore des start-up en lien avec les jeunes et les demandeurs d'emploi peu qualifiés. «Les premiers candidats seront sélectionnés en septembre prochain par un jury», présidé par Eric Kayser, le fondateur du réseau de boulangeries du même nom. «Chaque trimestre, le jury se réunira pour sélectionner les nouveaux projets.» Les projets qui retiendront l'attention de ce jury peuvent être aussi bien des activités culturelles ou sportives, des engagements civiques ou solidaires qui visent à «redonner confiance» aux demandeurs d'emploi. Les initiatives peuvent s'appuyer sur des «outils numériques» qui aident «à personnaliser les parcours d'apprentissage», détaille le communiqué. «La priorité est donnée aux quartiers de la politique de la ville, les zones rurales enclavées et les Outre-mers» est-il précisé.

20.000 formations aux «métiers verts» et du «numérique»

Si l'ensemble du Grand Plan d'Investissement 2018-2022 est doté d'un budget de près de 15 milliards pour l'ensemble du quinquennat (accompagnement des formations, adaptation à la transformation des métiers et aux nouveaux besoins en compétences des entreprises) «le nombre de bénéficiaires» et le montant alloué au volet «100% insertion» n'est pas chiffré». L'enveloppe réservée à ce volet insertion n'est «pas bloquée», précise la ministre.

L'État a déjà signé des conventions avec plusieurs régions. Dès cette année, 680 millions d'euros ont été débloqués. Soutenues par l'État, ces régions pourront, selon Muriel Pénicaud, financer 20% de places supplémentaires de formation, soit 149.000 formations dès cette année. En outre, la ministre du Travail avait déjà annoncé au printemps le financement de 10.000 formations par Pôle emploi et dédiées aux métiers du numérique ; et 10.000 autres formations dédiées aux «métiers verts».

Avec les mêmes objectifs, ces investissements en formations se font parallèlement au projet de loi du gouvernement «avenir professionnel», réformant notamment l'apprentissage et la formation professionnelle, qui sera débattue à partir de lundi prochain a à l'Assemblée nationale.


Clémentine Maligorne



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