Chômage : pas d’effet Macron

Le ministère de l’emploi vient de publier les chiffres des inscriptions à Pôle emploi au premier trimestre 2018 permettant ainsi de dresser un premier bilan de l’action d’Emmanuel Macron sur ce plan un an après son arrivée à l’Elysée.

Le sous-emploi en forte progression

Ces chiffres font apparaître tout d’abord une baisse des inscrits en catégorie A (ceux qui n’ont pas travaillé du tout dans le mois) : entre avril 2017 et mars 2018, leur nombre a diminué de 58 400 personnes, prolongeant ainsi une tendance engagée depuis le début 2016.

Mais parallèlement le nombre des demandeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie B (personnes ayant eu une activité réduite de moins de 78 heures dans le mois) a augmenté de 25 400 personnes et celui des demandeurs inscrits en catégorie C (activité réduite de plus de 78 heures dans le mois) de 121 300 personnes.


Le total du nombre des demandeurs inscrits dans ces trois catégories (A, B et C) s’est accru de 88 300 personnes depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron aux affaires. Un nouveau record est ainsi établi à 5 622 400 chômeurs inscrits à Pôle Emploi en France métropolitaine, malgré une conjoncture économique favorable.

Les plus de 50 ans souffrent

Si on s’intéresse à l’évolution du nombre de ces demandeurs en fonction cette fois de leur âge, on constate cette fois qu’entre avril 2017 et mars 2018, le nombre des moins de 25 ans a diminué de 5 000 personnes mais celui des 25-49 ans a augmenté de 43 800 personnes et surtout celui des plus de 50 ans de 49 500 personnes. Les seniors ont été et continuent d’être en effet les principales victimes des mesures de libéralisation du marché du travail prises ces dernières années.


Un chômage de longue durée ravageur


Enfin il faut s’intéresser plus particulièrement aux personnes inscrites à Pôle emploi depuis plus d’un an : ce sont elles qui subissent le chômage de longue durée, le phénomène qui déstructure le plus nos sociétés.

Ce chômage de longue durée est reparti vivement à la hausse depuis un an alors qu’il s’était stabilisé entre la mi 2016 et la mi 2017. Entre avril 2017 et mars 2018, le nombre des inscrits à pôle emploi depuis plus d’un an a augmenté en effet de 169 600 personnes. Là aussi, ce sont principalement les seniors qui sont victimes de cette aggravation.


Cette dégradation ne peut évidemment être imputée à l’action du nouveau président de la République : sa politique dans ce domaine commence juste à entrer en vigueur. Cette hausse est surtout le résultat des mesures de libéralisation prise sous le quinquennat précédent (avec le soutien toutefois d’Emmanuel Macron) même si le recul brutal du nombre des emplois aidés décidé par le nouveau gouvernement y a également contribué.

On n’observe cependant manifestement pas le « choc de confiance » escompté par certains observateurs qui aurait amené les chefs d’entreprise, retrouvant espoir dans l’avenir, à multiplier les embauches avant même que les mesures nouvelles annoncées par Emmanuel Macron n’aient été mises en oeuvre.


GUILLAUME DUVAL



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