Le tango de l'emploi se danse à deux

Des intentions d’embauche qui bondissent, c’est une bonne nouvelle. Mais pour les transformer en emplois, salariés et employeurs doivent se rencontrer. C’est le principe du marché du travail. Avec son plan d’investissement dans les compétences, le gouvernement espère doter les salariés des aptitudes dont l’économie a besoin. La formation ne fera pas tout. Même les employeurs le reconnaissent. S’ils mettent « l’inadéquation des profils » en première cause de leurs difficultés de recrutement, ils citent aussi la nature du poste, le manque de moyens financiers, le déficit d’image… Ces questions interrogent les deux parties. Le fameux marché du travail n’est pas parfait et encore moins transparent. L’industrie ne fait souvent pas rêver les salariés et pour imaginer qu’un chaudronnier puisse construire des avions, il faut avoir poussé la porte d’une usine d’aujourd’hui.

L’an passé, Pôle emploi a ainsi organisé près de 200 000 immersions professionnelles dans des entreprises pour faire toucher du doigt la réalité des métiers. Cela permet de faire évoluer le point de vue des salariés. Côté employeurs, ceux-ci ne doivent pas se masquer la réalité. Lorsqu’un marché se tend, les candidats qualifiés ont plus de choix. Les entreprises devront améliorer leurs propositions. Cela commence par la qualité des contrats proposés. Un mouvement initié pour 2018 : les intentions d’embauche en contrat durable (CDI ou CDD de plus de six mois) ont augmenté de plus de six points. Reste les salaires. L’OFCE, l’Observatoire de conjoncture économique de Sciences Po, envisage une hausse des salaires en France encore timide de 1,9 % en 2018, mais de 2,7 % en 2019. Aux États-Unis, après une longue hausse de l’emploi, ce trend est déjà atteint.

Anne-Sophie Bellaiche



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