En France, l'ampleur de la baisse du chômage surprend

Le taux de chômage est descendu à 8,6% fin 2017, alors qu'une amélioration, de moindre ampleur, n'était pas attendue avant mi-2018.

La baisse est impressionnante. Au dernier trimestre 2017, le taux de chômage en France (en sens du Bureau international du travail) a baissé de 0,7 point, pour atteindre 8,6% de la population active (8,9% avec les DOM). Il s’agit de son plus bas niveau depuis 2009. Sur un an – par rapport au dernier trimestre 2016 –, la glissade atteint 1,1 point, soit la plus forte chute depuis début 2008. La France compte ainsi 2 502 000 chômeurs au quatrième trimestre 2017 (2 663 000 avec les DOM), soit 205 000 de moins en trois mois. En hausse de 0,6 point sur le trimestre, le taux d’emploi (part de la population en âge de travailler qui est en emploi) atteint, lui, 65,7%, son plus haut niveau depuis le début des années 80.

Dans le détail, toutes les catégories d’âge, sur un an, sont concernées par cette baisse, et notamment les 15-24 ans (-2,8 points), devant les 25-49 ans (-1,1 point) et les plus de 50 ans (-0,5 point). Les chômeurs de longue durée (depuis au moins un an) bénéficient aussi de cette embellie, avec une diminution de 0,7 point.

 «Halo du chômage»

Cette forte baisse est une surprise. Dans sa dernière note de conjoncture de décembre 2017, l’Insee ne prévoyait qu’une amélioration mineure de la situation, avec un taux de chômage attendu à 9,4% à la mi-2018, DOM compris. Le rayon de soleil aura donc eu lieu avec six mois d’avance, et 0,5 point de moins. Il faut dire que les prévisions de croissance n’ont cessé d’être revues à la hausse tout au long de l’année 2017. Le PIB devrait ainsi progresser de près de 2% sur l’ensemble de l’année passée. Résultat, le secteur privé a créé davantage d’emplois qu’attendus (253 000 selon les premières estimations contre 242 000 attendus). Mais sans expliquer l’ampleur de la baisse. Autre explication: il s’agit des premières données, qui pourront être révisées dans les mois qui viennent, comme elles le sont régulièrement (le deuxième et troisième trimestre 2017 l'ont été). Et la marge d’erreur de l’enquête Insee, il faut le rappeler, est de 0,3 point.

Point noir, par ailleurs, dans cette bonne nouvelle: le «halo du chômage», catégorie qui regroupe, selon l’Insee, les personnes qui «souhaitent travailler», mais qui sont «classées comme inactives, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (dans les deux semaines), soit parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi». Leur nombre a ainsi progressé de 77 000 au dernier trimestre 2017, pour atteindre un pic, à 1 500 000. Par ailleurs, si le taux de chômage au sens du BIT baisse, la réserve d’inscrits à Pôle Emploi a du mal à maigrir. Sur l’année 2017, elle n’a baissé, en catégorie A, que de 16 000, pour atteindre 3,45 millions en France métropolitaine. Soit une quasi-stagnation, qui accentue encore l’écart avec l’indicateur du taux de chômage.


Luc Peillon



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