Assurance chômage : une réforme en cache une autre

Les nouvelles règles ce mercredi de l’assurance chômage, fruits d’un accord de mars 2017, ne sont qu’un avant-goût de la transformation complète du régime annoncée par Emmanuel Macron.

La « transformation » de l’assurance chômage, selon le terme consacré, a été annoncée durant la campagne présidentielle. On en connaît depuis peu le calendrier : réunion de l’ensemble des syndicats fin novembre avec le gouvernement, pour fixer la méthode de concertation, éventuellement de négociation ; bouclage du projet de loi au printemps, avec les réformes de l’apprentissage et de la formation professionnelle, pour un vote avant l’été. Quant au contenu, il reste à ce stade riche surtout de points d’interrogation…

Indépendants couverts ?

L’extension du régime aux non-salariés se veut une anticipation de l’évolution des formes de travail, symbolisée par les travailleurs des plateformes numériques. Mais elle se heurte à l’hostilité des artisans et des libéraux, qui ne veulent pas cotiser davantage, et aux gestionnaires de l’Unédic, qui ne veulent pas diminuer les droits des salariés pour financer ceux des indépendants.

Démissionnaires aidés ?

La grande promesse de campagne, d’une possibilité de démissionner tous les cinq ans de son emploi pour changer d’orientation tout en bénéficiant du chômage, se réduit comme peau de chagrin. Le président a récemment étendu le délai à « cinq, six ou sept ans », et paru vouloir mettre ce droit sous condition d’un projet, validé par Pôle emploi. Et ce pour une raison simple, le coût de la mesure, qui pourrait atteindre cinq milliards par an pour l’Unédic.

Contrats courts taxés ?

Le candidat Macron a également promis un bonus-malus sur les cotisations patronales en fonction du recours des entreprises aux contrats de courte durée. Le patronat ne veut pas en entendre parler.

Chômeurs contrôlés ?

Chaque jour ou chaque semaine, a suggéré Pierre Gattaz (Medef), pour s’assurer que les allocataires cherchent vraiment un emploi… Une provocation, mais le principe d’un contrôle accru est acté.

L’État aux commandes ?

Une question apparemment éloignée des chômeurs, mais qui engage la conception de l’assurance chômage : une véritable assurance, payée et gérée par les salariés et les patrons, ou un système de solidarité étendu à l’ensemble des actifs, et piloté par l’État ? La deuxième option est bien celle d’Emmanuel Macron - reste à la rendre acceptable.


F.B.



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