Le «tout formation» serait inefficace contre le chômage

France Stratégie, un organisme de réflexion placé auprès du premier ministre, a publié ce jeudi un rapport dans lequel il apparaît que les plans massifs de formation ont eu peu de prise sur le chômage. Il préconise de changer radicalement d'approche.

Les plans massifs de formation et l'élévation du niveau de diplôme «ont eu peu de prise sur le taux de chômage», constate France Stratégie dans un rapport publié jeudi, qui préconise d'abandonner le «tout formation». Le document rappelle que «les politiques en faveur de la formation professionnelle se sont multipliées» au cours des dernières décennies. Il cite à l'appui «les plans de formation des demandeurs d'emploi (plans 30.000, 100.000, 500.000), les préparations opérationnelles à l'emploi collectives ou individuelles (POE) ou encore les emplois d'avenir (EAV) pour les jeunes, qui intègrent une dimension de formation obligatoire».

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Ces politiques sont perçues «comme l'un des principaux leviers de la lutte contre le chômage puisqu'elles sont censées réduire les difficultés de recrutement liées à l'inadéquation entre l'offre et la demande de compétences sur le marché du travail», explique France Stratégie, organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre. Pourtant, le chômage se maintient à un «taux élevé, 9,5% en 2017 contre 7,9% de moyenne dans l'UE» et le marché du travail se caractérise «par un nombre important d'offres d'emploi non pourvues et par des difficultés de recrutement pour les entreprises», constate le rapport.

La formation: premier critère de recrutement pour «seulement 46% des entreprises»

En France, «44% des travailleurs ont un niveau de diplôme qui ne correspond pas à l'emploi qu'ils occupent, 31% sont sur-qualifiés et 14% sont sous-qualifiés», constate France Stratégie. De plus, «42% des travailleurs ont une spécialité de formation qui ne correspond pas à l'emploi qu'ils occupent». En fait, la profession exercée est étroitement liée à la spécialité de formation pour seulement un emploi sur trois. Ces professions requièrent la possession d'une spécialité et d'un niveau de diplôme spécifique, par exemple en médecine ou en droit. Ce sont aussi des métiers traditionnels historiquement liés à l'artisanat (menuisier, plombier, boulanger) ou des emplois qui exigent des compétences techniques spécifiques (réparation automobile ou comptabilité).

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Ainsi, il apparaît que la formation est le premier critère de recrutement pour «seulement 46% des entreprises, contre 60% pour l'expérience professionnelle ou 64% pour des compétences transversales comme la polyvalence ou la capacité d'adaptation», note le rapport. France Stratégie préconise donc de sortir de la logique du «tout formation» et invite les acteurs institutionnels -Régions, État, Pôle emploi, partenaires sociaux- à mieux prendre en compte «les spécificités des métiers et des secteurs d'activité». L'organisme estime en outre que le monde de l'entreprise doit «travailler sur l'identification de ses besoins en compétences» afin «d'améliorer les processus de recrutement et l'efficacité des formations».

avec AFP



Commentaires   

 
0 #4 Plombier Parisien 02-09-2017 05:47
Je dois reconnaître que vous connaissez bien le domaine,
l’article est intéressant
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0 #3 Assurance habitation 28-08-2017 17:25
Tout estt bien expliqué dans cet article, brqvo la team
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0 #2 Plombier a Paris 75 28-08-2017 16:24
Je dois avouer qque je ne pigeais pas beaucoup de choses et maintenant c’est plus clair dns ma tête avec votre
site internet. merci
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0 #1 Plombier Parisien 28-08-2017 16:24
Comme toujours, l’article est impécable. félicitation
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