Baisse du chômage : la France reste à la traîne en Europe

DECRYPTAGE - En un an, le nombre de chômeurs a reculé de 1,6 million de personnes sur le Vieux Continent.

Avec un taux de chômage à 9,5 % au deuxième trimestre , la France fait moins bien que la zone euro. En effet, selon Eurostat, l'Institut européen de statistiques, les personnes sans emploi représentaient 9,1 % de la population active de la zone euro à la fin juin.

Dans plusieurs pays durement touchés par la crise financière, même s'il reste élevé, le nombre de sans-emploi a rapidement baissé ces derniers mois. Ainsi, en Espagne, le taux de chômage a reculé de plus de 2,5 points en un an. Le constat est le même au Portugal et à Chypre.

Grand écart entre l'Allemagne et la Grèce

Dans d'autres pays, plus prospères, le chômage recule aussi. Il est par exemple passé sous la barre des 5 % aux Pays-Bas . Dans les pays d'Europe de l'Est, il est désormais inférieur à 3 % en République tchèque. Depuis juin 2016, le nombre de chômeurs dans la zone euro a diminué de 1,6 million de personnes. La reprise, soutenue par la politique monétaire ultra-accommodante de la banque centrale européenne (BCE) est bel et bien là.

Toutefois, les écarts entre pays du Vieux Continent restent très élevés : l'Allemagne peut se targuer d'un taux de chômage de seulement 3,8 % quand, à l'autre extrémité, la Grèce, elle, accuse un taux de 21,7 %. C'est la preuve que les économies européennes ne se rapprochent que très lentement.

La divergence reste importante. Surtout, le taux de chômage d'un pays doit être apprécié au regard de son chômage structurel, c'est-à-dire le taux en dessous duquel il n'est possible de descendre que de façon temporaire, en créant des tensions inflationnistes dans l'économie. Il dépend largement de la flexibilité du marché du travail et donc des réformes engagées par les pays concernés.

La précarité reste importante

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime ainsi que le taux de chômage structurel est de 9,2 % dans l'Hexagone, qui s'en rapproche donc petit à petit. En Espagne, il serait de 15,4 %. En revanche, outre-Rhin, il est estimé à 4,7 %. L'Allemagne serait donc proche de la surchauffe.

Toutefois, malgré cette baisse du chômage dans la zone euro, la précarité reste importante. Quand on ajoute le nombre de personnes au chômage, celles qui travaillent à temps partiel subi et celles qui ne cherchent plus de travail, alors les personnes sous-utilisées dans la zone euro représentaient moins de 15 % de la population active en 2008 selon les calculs de la BCE. Fin 2016, elles comptaient pour 19 %. Et la moitié des chômeurs européens sont sans emploi depuis plus d'un an. Le chemin qui reste à parcourir pour revenir à une situation satisfaisante est encore très long.


Guillaume de Calignon



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