Pourquoi Muriel Pénicaud veut-elle s'affranchir des chiffres mensuels du chômage ?

ÉCLAIRAGE - La ministre du Travail souhaite s'appuyer sur des données jugées plus "fiables" pour évaluer l'évolution du chômage en France.

Limiter le bavardage au profit des analyses : voilà la volonté revendiquée par Muriel Pénicaud. Invitée de RTL le 28 juin, la nouvelle ministre du Travail a réaffirmé qu'elle ne souhaitait pas commenter les chiffres mensuels du chômage. Selon elle, ces données ne sont "pas vraiment pertinentes" et "ne représentent pas la réalité".

La ministre souligne la fragilité de ces données publiées chaque mois. Dans un communiqué publié le 24 mai, Muriel Pénicaud précisait que "le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi [...] peut être affecté, chaque mois, par différents événements de nature administrative, entraînant une fluctuation des inscriptions qui ne reflète pas bien l'évolution du marché du travail".

Quel problèmes posent les chiffres du chômage actuels ?

Dans ce communiqué, le ministère du Travail fait référence à un phénomène qui s'était notamment produit en septembre 2013, et qui avait eu des conséquences directes sur le calcul du taux de chômage. L'opérateur téléphonique SFR, victime d'un "bug", avait annulé l'envoi d'un SMS aux inscrits à Pôle Emploi qui leur demandait de mettre à jour leur situation. Cette erreur technique avait fait artificiellement chuter le nombre de chômeurs de 50.000 personnes par rapport au mois précédent.
Au-delà de ces dysfonctionnements ponctuels, la mesure du chômage se heurte à un autre problème : en France, il existe deux manières de définir et de calculer le taux de chômage. D'un côté, Pôle Emploi comptabilise le nombre de demandeurs d'emplois inscrits auprès de ses services selon une classification très précise mise à jour chaque mois : catégorie A (sans activité), B et C (demandeurs d'emploi exerçant une petite activité).


Camille Kaelblen



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