Le chômage augmente en pleine campagne d'entre-deux-tours

Le nombre de demandeurs d'emploi a enregistré en mars sa plus forte hausse depuis janvier 2013 (+1,3%), selon les chiffres publiés mercredi. Un coup dur pour le bilan de François Hollande, qui assombrit la tendance sur les trois premiers mois de l'année.

Ce sont les derniers chiffres du quinquennat et ils sont mauvais : après une légère baisse en février, le chômage a fortement augmenté en mars (+43.700, +1,3%), atteignant 3,51 millions de personnes en métropole, a annoncé mercredi le ministère du Travail. C'est la plus forte hausse depuis janvier 2013. Elle vient assombrir la tendance sur les trois premiers mois de l'année (+41.000 chômeurs depuis janvier).

En pleine campagne d'entre-deux-tours, ce résultat a une résonance particulière. François Hollande avait fait de la lutte contre le chômage l'axe fort de son mandat. Mais "l'inversion de la courbe" reste fébrile : sur un an, le nombre de chômeurs baisse de 0,9%, comme en métropole. Depuis le début de son quinquennat, 585.000 demandeurs d'emploi sans activité ont grossi les rangs de Pôle emploi. Le mandat de son prédécesseur Nicolas Sarkozy en avait enregistré 745.000 de plus. "La bonne dynamique de 2016 s'est un peu infléchie", reconnaît-on au ministère du Travail.

Des hausses chez les seniors comme les jeunes

Cette augmentation en mars est essentiellement due au fait que de nombreux contrats courts n'ont pas été renouvelés, faisant basculer des personnes exerçant une petite activité dans la catégorie des chômeurs sans aucune activité. En prenant en compte l'Outre-mer, la hausse est de 1,2%, pour un total de 3,77 millions de personnes sans activité inscrites sur les listes de Pôle emploi.

En revanche, comptant les demandeurs d'emploi exerçant une petite activité, les statistiques reculent sur un mois de 0,2%, avec 5,5 millions de personnes, mais augmentent sur un an (+0,9%). Le nombre de chômeurs a continué à se dégrader chez les seniors, (+1,1% sur un mois, +3,7% sur un an). Les moins de 25 ans, qui ont connu des mois d'embellie, n'ont pas été épargnés cette fois, avec une hausse de 1,2% sur un mois mais un recul de 5,8% sur un an. Le nombre de chômeurs de longue durée (de plus d'un an), petite activité comprise, reste stable toutefois, avec 2,48 millions de personnes concernées. Ce chiffre affiche une baisse de 2,7% par rapport à mars 2016.

Quel sera le scénario pour le futur locataire de l'Elysée? L'Insee table sur une poursuite de la baisse du taux de chômage, qui passerait de 9,7% à 9,5% au premier semestre. Plus pessimiste, l'Unédic, gestionnaire de l'assurance chômage, table sur 47.000 chômeurs supplémentaires.

Les propositions pour l'emploi de Macron et Le Pen à l'opposé

Les recettes d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour lutter contre le fléau du chômage sont aux antipodes. Le candidat d'En marche! table sur un retour au plein-emploi, avec 7% de chômage en fin de quinquennat, à travers des mesures libérales telles que les baisses de charges pour les entreprises ou la primauté à l'accord d'entreprise pour assouplir les 35 heures dans la continuité de la "loi Travail". Il prévoit la formation d'un million de demandeurs d'emploi peu ou pas qualifiés, amorcée par François Hollande. Les droits à l'assurance chômage seraient ouverts aux salariés qui démissionnent et aux indépendants mais en contrepartie, les chômeurs qui refuseront plus de deux offres d'emploi "convenables" ne seraient plus indemnisés.

La candidate du Front national mise, elle, sur la "priorité nationale à l'emploi et au patriotisme économique", en défendant le "rétablissement d'une monnaie nationale", une taxe sur l'embauche de salariés étrangers et l'idée de réserver la commande publique aux entreprises françaises. Souhaitant le retrait de la "loi travail" et le maintien des 35 heures, elle affirme que son projet économique va créer 1,7 million d'emplois en trois ans.


Arnaud Focraud



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