Chômage : la poursuite du plan 500.000 formations se dessine

Les négociations avec les régions devraient être bouclées cette semaine.
Les partenaires sociaux sont prêts à mettre 150 millions en plus du demimilliard de l'Etat.

C'est la dernière ligne droite. Le ministère du Travail s'active pour boucler cette semaine les négociations avec les régions sur leur participation au prolongement, au premier semestre, du plan 500.000 formations supplémentaires de chômeurs. Vendredi au plus tard, on saura alors combien, sur les 17 régions qui avaient joué le jeu en 2016, rempileront et se partageront tout ou partie du demi-milliard mis sur la table par l'Etat.

Annoncé il y a un an par François Hollande, ce plan visait à doubler sur l'année l'effort de formation en faveur des demandeurs d'emploi, et plus précisément ceux qui sont le plus éloignés du marché du travail. L'Etat a déboursé 1 milliard pour financer 330.000 formations qualifiantes, 50.000 contrats de professionnalisation ou encore 10.000 validations des acquis de l'expérience. La montée en charge a demandé beaucoup d'efforts aux équipes de Pôle emploi. L'objectif, au moins quantitatif, a été atteint puisque la barre du million d'entrées en formation a été franchie. Pour ce qui est de l'effet du plan, et donc du taux de retour à l'emploi, un comité scientifique rendra ses conclusions au début de l'été.

Maintenir les budgets

Convaincu que les résultats seront là, l'exécutif a proposé aux régions et aux partenaires sociaux de continuer sur les six derniers mois de 2017. Pour financer cette prolongation, il a été décidé d'arrêter à fin juin la prime à l'embauche dans les PME (elle devait courir sur toute l'année). Les crédits ainsi dégagés pourront financer environ 165.000 formations, à raison de 3.000 euros par formation. Soit 500 millions environ. Mais, comme en 2016, l'Etat a conditionné son effort à l'engagement des régions à maintenir leurs propres budgets à destination des chômeurs, pour éviter les effets d'aubaine. C'est tout l'enjeu des négociations en cours. Elles sont très complexes. Chaque région a son calendrier (certaines engagent un tiers de leurs budgets de formation au premier semestre, d'autres plus de la moitié). Toutes, et c'est normal, veulent évaluer ce qui a été fait l'année dernière avant de s'engager (à ce titre, le ministère devrait disposer cette semaine des ultimes statistiques sur les typologies de chômeurs et de formations dispensées). Certaines, enfin mettent la barre très haut, parfois pour des raisons politiques.

« C'est de la dentelle région par région », confirme-t-on dans l'entourage de Clotilde Valter, la secrétaire d'Etat chargée de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage. Seule certitude, l'Auvergne-Rhône-Alpes n'ira pas, tout comme l'année dernière, laissant la main à Pôle emploi en direct.


ALAIN RUELLO



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